Mayence, 13avril(APIC) Le théologien de la libération brésilien Leonardo
Boff reproche à l’Eglise son "péché structurel". Dans un article publié
dans le dernier numéro de l’édition allemande de la revue "Communio", Boff
écrit que l’Eglise-institution entend par le monopole de la vérité tout
placer sous son contrôle, même lorsqu’il s’agit des droits de l’homme.
L’Eglise se place ainsi plus du côté "du palais de l’empereur que de la
pauvre barque de pêcheur de Pierre". La radicalité de l’Evangile est remplacée par un rigorisme simpliste, déplore Léonardo Boff qui a annoncé en
juin dernier son retrait de l’ordre franciscain et son renoncement à la
prêtrise.
Le théologien après avoir rappelé les raisons de son choix dresse un bilan de l’évolution de l’Eglise depuis le concile Vatican II. Dans les communautés de base, explique-t-il, on a découvert une nouvelle manière d’être
Eglise qui représente la force libératrice du christianisme face à la question sociale et à la pression de la société. Les évêques ne sont plus simplement les porteurs d’une charge, mais les bergers au sein d’un peuple,
simples, prophétiques et parfois martyrs. Selon Leonardo Boff, depuis la
fin des années 70, on observe un retour de la discipline ecclésiastique. A
travers une politique habile de nominations, le contrôle des conférences
épiscopales, l’érection de barrières pour la théologie et la punition de
certains théologiens la structure entière de l’Eglise est réduite à une
seule norme. Pour Boff, la manière de voir de Rome est imposée par des méthodes de violence légale ainsi que par la diffamation systématique et la
persécution de la théologie de la libération. Un seul centre, le Vatican
fonctionne comme une fabrique de penseé et instance de décision, remarque
le théologien. Il s’agit là du drame actuel de l’Eglise catholique romaine.
(apic/kna/mp)