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    Allemagne: La théologie de la libération à la croisée des chemins (060294)

    Aix-la-Chapelle, 6février(APIC) La théologie de la libération n’a pas dit

    son dernier mot. C’est la conviction de quelques-unes de ses figures de

    proue, tels Gustavo Gutierrez, Enrique Dussel et Leonardo Boff, convoqués à

    son chevet à l’occasion d’un sommet de trois jours qui s’est tenu à

    l’Institut d’échanges missionnaires (MWI) à Aix-la-Chapelle.

    "La théologie de la libération n’est pas morte. Mais elle veut emprunter

    de nouveaux chemins pour demain, surtout au plan interdisciplinaire et interculturel, pour briser sa fixation purement théologique et impliquer dans

    la recherche sur la libération d’autres sciences et cultures", explique

    dans une interview à l’agence catholique allemande KNA Raul Fornet Betancourt, du MWI. La rencontre d’Aix-la-Chapelle qui avait pour thème "Le passé et l’avenir de la théologie de la libération" et était organisée avec la

    collaboration du Centre Oecuménique de Liaisons Internationales" (COELI) de

    Bruxelles, qui travaille depuis quatre ans déjà à un projet sur "la théologie dans l’histoire économique et sociale de l’Amérique Latine".

    Raul Fornet Betancourt ne doute pas que la théologie de la libération

    continuera à trouver son inspiration et son fondement dans l’"option préférentielle pour les pauvres" et à s’adresser à "des sujets spécifiques comme

    les femmes, les Indiens ou les Noirs", tout en tirant les leçons du passé

    pour ce qui regarde sa relation "aussi bien avec l’Eglise qu’avec le marxisme".

    La théologie de la libération voudrait surtout s’extraire de son contexte latino-américain, en s’ouvrant à ce que se vit non seulement en Asie, et

    en Afrique, mais aussi en Europe et en Amérique du Nord" et en élargissant

    sa "base théologique trop unilatérale" par une discussion approfondie avec

    "d’autres disciplines scientifiques". Betancourt signale dans cette perspective le risque de voir la théologie de la libération "éclater dans des

    dissidences". Pour lui, un tel éclatement "menace surtout les pères de la

    théologie de la libération d’Amérique Latine dans leurs relations avec

    l’Eglise officielle, certains théologiens trouvant encore dans l’Eglise un

    espace qu’ils jugent suffisant, y compris pour la théologie de la libération, d’autres estimant que les portes ont été fermées et que les théologiens de la libération doivent en supporter les conséquences".

    Sans oublier, ajoute Betancourt, ce "défi capital" qui est de se situer

    dans un monde post-communiste. Etant donné que la théologie de la

    libération "n’a, à aucun égard, rien perdu de son actualité, même si les

    données ne sont plus les mêmes, dans un contexte social, économique et

    politique profondément modifié". (apic/cip/mp)

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