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    Allemagne : L’Eglise de l’ex-RDA (270192)

    a-t-elle "collaboré" avec la STASI ?

    "Nous n’avons pas été seulement des spectateurs", affirme Mgr Nowak

    Magdebourg, 27 janvier(APIC) Alors que la controverse se poursuit à propos

    des relations entre des responsables religieux est-allemands et la STASI,

    la police politique de l’ex-Allemagne de l’Est (RDA), Mgr Leopold Nowak a

    estimé lundi que personne ne devrait jeter la pierre à autrui s’il n’est

    pas lui-même transparent. Le prélat catholique, administrateur apostolique

    de Magdebourg, a reconnu : "Je me suis moi-même parfois tu quand j’aurais

    mieux fait de parler".

    Dans une prise de position publiée à Magdebourg (ex-RDA), Mgr Nowak a

    cependant déclaré qu’il ne fallait pas voir le passé de la RDA de façon manichéenne, "en noir et blanc". "Nous ne devions pas seulement vivre dans un

    Etat de non-droit, mais nous étions aussi partie prenante. Nous avons d’une

    certaine manière collaboré, nous n’avons pas été seulement des spectateurs". Chacun par conséquent est appelé à faire son examen de conscience,

    estime-t-il.

    Quelle part de vérité contiennent les dossiers de la STASI ?

    Mgr Nowak considère que les documents de la police secrète est-allemande

    sont une sorte d’"explosif dangereux" pouvant à tout moment éclater. Il se

    demande quelle part de vérité contiennent les fiches de la STASI, car ces

    dossiers ne sont pas des documents dans le sens juridique du terme. Ils

    contiennent souvent des rapports exagérant le succès des opérations, dans

    le même sens que les données qui étaient alors fournies au sujet des performances économiques de la RDA. On a souvent menti "à la hausse" dans ces

    rapports, estime l’évêque catholique est-allemand.

    Par rapport à la vérité, l’examen des dossiers de la STASI "se révèle

    plus difficile et a des conséquences plus graves que nous pensions", affirme Mgr Nowak. Il considère comme particulièrement douloureux la découverte

    de calomnies et de trahisons venant de propres amis et de parents. La plupart de ces documents ne seront cependant pas suffisants pour porter plainte devant la justice.

    L’évêque de Magdebourg demande que l’on ne consulte pas les dossiers de

    la STASI par simple curiosité, et que les seuls qui peuvent exiger de les

    voir sont ceux qui ont vraiment souffert dans leur propre chair. Dans certains cas concrets, Mgr Nowak a l’impression qu’il s’agit maintenant "de

    traîner des gens d’Eglise devant une sorte de tribunal public face auquel

    ils doivent se défendre". Le prélat n’apprécie pas cette façon de faire,

    car en réalité, les chrétiens et les Eglises se sont comportés de diverses

    manières face à l’Etat communiste en RDA.

    La difficile maîtrise du passé du côté protestant

    Du côté des Eglises protestantes de la RDA, la maîtrise du passé n’est

    pas facile non plus. Selon Heino Falcke, une personnalité protestante d’Erfurt, les hésitations de l’Eglise et son manque de conviction à révéler le

    passé ont favorisé l’apparition dans les médias de "révélations" sensationnelles sur les liens entre d’éminentes personnalités religieuses et la STASI. Le problème est devenu particulièrement délicat avec la publication en

    décembre dernier d’un livre sur le sujet, rédigé par deux théologiens berlinois, Gerhard Besier et Stephan Wolf.

    H. Falcke estime que le choix qui s’offrait à l’Eglise sous le régime

    communiste n’était pas une simple alternative entre collaboration ou opposition. Dans de nombreux cas, en effet, il y a eu un conflit entre deux

    stratégies visant à changer la situation. Certains responsables religieux

    voulaient transformer la réalité "à partir du haut", par un dialogue patient et ferme avec le gouvernement, tandis que certains groupes voulaient

    agir "d’en bas", par la critique publique.

    Le grand mérite de ce livre - par ailleurs fortement critiqué par les

    milieux officiels de l’Eglise - est de montrer la forte pression exercée

    par la STASI sur la société est-allemande et son infiltration dans les plus

    hautes sphères de l’Eglise, constate Heino Falcke. Il soupçonne cependant

    une exploitation de telles révélations à des fins politiques, dans le but

    de discréditer les Eglises protestantes en général dans l’ex-RDA et de

    prouver que leur rôle dans la révolution d’automne 1989 n’était qu’un mythe. "Car, ajoute-t-il, certaines personnes ne veulent pas d’une Eglise critique de la société et désireuse de la changer". Mais, affirme H. Falcke,

    la crédibilité de l’Eglise ne dépend pas de sa non-culpabilité, mais de sa

    façon de traiter différemment de sa culpabilité. "Une Eglise qui veut se

    blanchir, conclut-il, est pire qu’une Eglise coupable". (apic/kna/spi/be)

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