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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    la situation de l’Eglise catholique en Afrique

    Allemagne: Africains et Européens débattent de (161292)

    Réflexions en vue du prochain synode sur l’Afrique

    Heiligkreuztal, 16décembre(APIC) Le théologien allemand Bernhard Häring

    s’est prononcé en faveur d’une Eglise catholique africaine dotée de structures propres largement indépendantes de Rome, à l’occasion d’un colloque

    qui a réuni à Heiligkreuztal au sud de l’Allemagne, 35 personnalités européennes et africaines. Cette rencontre était organisée du 11 au 13 décembre

    à l’initiative de laïcs africains et allemands en vue du Synode africain.

    Bernhard Häring a souligné que l’amour de l’Eglise exige que l’on préserve

    son unité, mais que le continent africain ne devrait pas rester plus longtemps une petite annexe du patriarcat romain.

    Les 35 participants africains et européens - allemands, autrichiens et

    suisses - ont fait des propositions pour apporter leur contribution à la

    réussite du prochain Synode africain. Ils ont suggéré la tenue du Synode en

    Afrique (pas à Yamassoukro!) et pas à Rome, l’accès des théologiens africains en tant que conseillers des évêques, la collaboration des laïcs et

    particulièrement des femmes, l’organisation du Synode en trois sessions

    successives séparées par un certain laps de temps, afin que les évêques

    puissent à chaque fois en référer à leurs communautés et enfin une couverture médiatique efficace et qualifiée. Ces propositions ont été transmises

    à Mgr Walter Kasper, président de la Commission Eglise universelle au sein

    de la Conférence épiscopale allemande.

    Un Patriarcat pour l’Afrique ?

    Le Père Häring a justifié sa demande d’érection d’un Patriarcat pour

    l’Eglise africaine en invoquant la "concentration du pouvoir à Rome". Il a

    appuyé en outre le souhait brûlant des participants pour la mise en oeuvre

    d’une liturgie, d’une morale, d’une théologie et d’un droit canon propres à

    l’Afrique. Le Synode sur l’Afrique ne doit pas être un synode romain en

    Afrique, ni un synode africain à Rome, a-t-il encore souligné.

    L’abbé zaïrois Benezet Bujo, professeur de théologie morale à l’Université de Fribourg, a présenté un exposé sur "le sens de la communauté pour

    la santé, la maladie et la guérison: l’exemple du sida." Pour le professeur

    fribourgeois, les structures économiques injustes des sociétés sont finalement aussi responsables de la maladie. Dans les pays africains, en effet,

    la majorité de la population est aujourd’hui privée d’assistance médicale.

    La sous-alimentation, le manque d’eau potable, et les problèmes d’hygiène

    qui en découlent, ont conduit à une rapide extension du sida.

    Ne pas dégrader la sexualité au rang de marchandise

    Ainsi la maladie ne relève pas uniquement des contacts sexuels, mais est

    aussi une indication du désordre des relations humaines. A propos de l’utilisation du préservatif au sein de couples mariés dont l’un des conjoints

    est séropositif, Benezet Bujo explique qu’il est possible dans la morale

    catholique de trouver une solution à partir du principe du moindre mal.

    Mais en même temps il ne faut pas renforcer l’impression que le préservatif

    est un moyen absolument sûr de se protéger du sida. Le professeur Bujo condamne la publicité pour les préservatifs qui encourage la mentalité de consommation et qui dégrade la sexualité au rang de marchandise.

    Le théologien zaïrois considère la maladie non seulement comme l’affaire

    de la personne individuelle, mais encore de l’ensemble de la communauté:

    selon la conception africaine, la maladie représente toujours un dysfonctionnement au niveau des relations interpersonnelles. De ce fait, estime-t-il, il est temps que l’on relativise l’éthique dans sa prétention

    d’être universelle. Benezet Bujo s’est fait le porte-parole d’une nouvelle

    éthique qui ne soit pas individualiste. En Afrique, la santé signifie l’intégration réussie dans la communauté des vivants et des morts. La guérison

    n’est seulement possible quand s’établit la fraternité et l’harmonie.

    (apic/oe/mp)

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