Allemagne: 17 théologiens de Münster (290792)
Le ministre-général des franciscains leur répond
Bonn, 29juillet(APIC) 17 théologiens de Münster ont publié
mardi une lettre dans laquelle ils critiquaient les mesures
disciplinaires prises contre Leonardo Boff qui l’ont amené à
quitter le ministère sacerdotal et l’Ordre des franciscains.
Le Père Hermann Schalück, ministre-général des franciscains
leur répond dans une lettre publiée mercredi à Bonn. Le supérieur des franciscains insiste sur le fait que son Ordre n’a
pas fait de pressions sur le théologien brésilien dans sa décision.
Le Père Hermann Schalück déclare en outre que, malgré toutes les affirmations contraires, il n’a pas subi lui-même de
pressions. Le ministre-général plaide pour un jugement plus
critique de la personne de Leonardo Boff. "La fidélité à
l’Eglise toute entière et la fidélité aux pauvres ne doivent
pas s’opposer", affirme-t-il.
La lettre du Père Schalück, est spécifiquement adressée
aux 17 théologiens de Münster qui avaient critiqué dans une
lettre les mesures prises contre le théologien brésilien. Ces
théologiens, dont Johann Baptist Metz, Dieter Emeis et Erich
Zenger, affirmaient se solidariser avec Leonardo Boff. Ils
posaient entre autres cette question: "Les représentants du
magistère ecclésial ne doivent-ils pas se demander s’ils peuvent être sûrs, devant Dieu et devant leur conscience, que
les nombreuses mesures prises contre Boff au cours des dernières années, - ainsi que les mesures menaçantes, une nouvelle fois annoncées - n’ont pas finalement mis un tel fardeau sur l’homme, le prêtre et le religieux Leonardo Boff,
qu’il en a été écrasé"? Les théologiens de Münster ajoutaient: "Ceux qui détiennent le magistère doivent plutôt jouer
la carte de la confiance que celle des mesures disciplinaires".
Devant ces critiques, le Père Schalück demande, dans ce
contexte brûlant, un peu plus de saine défiance envers la répétition presque insupportable de clichés non-critiques, d’où
qu’ils viennent et quels qu’en soient les auteurs. Il peut
comprendre la déception des théologiens concernant la décision de Leonardo Boff, mais il souhaite davantage de capacité
de discernement et de sensibilité au sujet de la complexité
d’une décision de vie difficile.
Le ministre-général des franciscains souligne qu’il ne
sait pas comment les théologiens peuvent affirmer en toute
sécurité, sans avoir écouté les deux sons de cloche, que "des
mesures menaçantes et annoncées dernièrement" avaient été
prises. le Père Schalück dit encore que l’Ordre franciscain
reste lié à Leonardo Boff par le respect et par la reconnaissance. Celui-ci a pris une décision de vie très personnelle
touchant ses voeux religieux, une décision que nous regrettons, mais que nous respectons aussi.
"Entre lui et moi, il y eut, jusqu’au dernier moment, un
processus de clarification, très personnel, très différencié,
mais porté par la confiance mutuelle, qui a aussi touché
l’histoire personnelle du théologien de la libération. "Durant ces derniers mois, je suis allé deux fois au Brésil", at-il précisé. Le ministre-général affirme enfin sa ferme conviction que s’il l’avait voulu, Leonardo Boff aurait toujours
eu sa place de théologien chez les franciscains . Il l’aurait
eue dans la liberté et sans être persécuté, mais sans doute
avec une interrogation critique mutuelle. Le Père Schalück
ajoute en terminant qu’il compte bien rester en contact avec
le théologien brésilien. (apic/kna/ba)