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    L’hypocrisie de la Commission des droits de l’homme

    Algérie: Quatre des plus importantes ONG dans le monde fustigent l’attitude des Etats

    Genève, 16 avril 1998 (APIC) Amnesty International (AI) et trois autres ONG parmi les plus importantes dans le monde, fustigent l’attitude des Etats face aux tragiques massacres qui mettent l’Algérie à sang. AI, la Fédération internationale des droits de l’homme, "Human Rights Watch" et Reporters sans frontières dénoncent ensemble l’hypocrisie des Etats - et de leurs diplomates - qui forment la Commission des droits de l’homme, qui siège à Genève.

    Pour faire passer ce message, les secrétaires généraux de ces quatre ONG ont fait le déplacement mercredi à Genève, pour y tenir une conférence de presse au Palais des Nations Unies. Dans une salle proche où se tient la réunion de la Commission, où les Etats sont les seuls maîtres à bord.

    Chacun à leur tour, les secrétaires généraux des ONG ont dit leur indignation. A huit jours de la fin de la session de la Commission des droits de l’homme, aucun gouvernement n’a encore fait mine de proposer une résolution à l’égard de l’Algérie, où les massacres de civils s’enchaînent depuis 1992 et ont fait plus de 80’000 victimes, selon les estimations.

    En clair, si rien ne bouge à ladite Commission, aucun rapporteur spécial ni aucune mission d’enquête internationale ne vont être nommés pour nuancer le discours du gouvernement qui répète à l’envi que l’Algérie ne connaît qu’un problème de terrorisme sur son territoire. Niant sans vergogne l’évidence sur sa part de responsabilité dans cette situation de violence généralisée.

    "Combien de morts faudra-t-il encore pour que la Commssion se décide enfin à ne plus détourner son regard de la souffrance des victimes algériennes? Allumant un petit chalumeau à Gaz, Pierre Sané, secrétaire général d’AI, a ensuite illustré son propos sur la torture systématique dans les cellules des services de sécurité: "On se sert notamment de cet instrument pour torturer. Pour brûler la chair des gens. Beaucoup sont morts sous la torture".

    Seule la pression internationale

    En six ans, 58 journalistes ont été assassinés en Algérie. Pas tous par des groupes islamistes, a enchaîné Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. Qui a ensuite fustiger les Etats - la France en tête - qui produisent moult proclamations sur le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, alors qu’ils sont incapables d’envisager une simple résolution sur la situation en Algérie.

    Quant à Patrick Baudoin, secrétaire général de la Ligue internationale des droits de l’homme, il a fait référence à des "disparitions" - 2’000 selon AI - et à la révélation, il y a quelques jours, d’éxécutions sommaires commises par des groupes d’autodéfense. Pour Joanna Weschler, d’"Human Right Watch", seule une pression internationale est efficace, contrairement à ce que prétendent en coulisses certains diplomates de la Commission. (apic/lib/mr/pr)

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