Albanie: un peuple resté croyant sous la persécution (040891)
Tirana, 4août(APIC) "Ma première affirmation est - je le dis solennellement devant tout le monde - que le peuple albanais n’a jamais été athée et
qu’il ne l’est pas non plus après le terrible ouragan qui est passé en
laissant un sillage lumineux. Vraiment lumineux, parce que les efforts les
plus raffinés n’ont pas réussi à affaiblir la foi dans le peuple". C’est ce
qu’a déclaré sur les ondes de Radio Vatican l’abbé Francesco Ilia, 74 ans,
curé de Miloti, village situé à mi-chemin entre la capitale Tirana et la
ville de Skoder, dans le nord du pays.
l’Eglise catholique, minoritaire en Albanie, a subi durant quatre décennies de graves persécutions de la part des autorités communistes. Plusieurs
prêtres et évêques ont été fusillés et emprisonnés dans un pays qui en 1967
s’est déclaré "premier Etat athée du monde". Les changements politiques actuels ont permis à nouveau la reconnaissance de la liberté religieuse.
Selon l’abbé Ilia, on a cherché par le passé à avilir le clergé, "lequel
devait affirmer se détacher de la foi catholique en déclarant devant un public convoqué à dessein que la religion catholique était fausse et que
nous, prêtres, avions menti en l’observant et en la pratiquant". Il a souligné qu’aucun prêtre, religieux ou religieuse n’a abjuré, mais que tous se
sont montrés inflexibles "jusqu’à l’héroïsme, c’est-à-dire la mort".
Le prêtre a ajouté que les quarante-six ans de persécution religieuse
sous le régime communisme ont éloigné très peu de personnes de la foi; que
si cela a eu lieu, c’était toujours pour des raisons économiques. Mais la
persécution a pour conséquence, a souligné l’abbé Ilia, une ignorance presque totale de la foi chez les nouvelles générations, qui parfois ne connaissent pas le signe de la croix, qu’on ne faisait pas devant des enfant
par crainte de perdre son emploi. A propos des besoins religieux de l’Albanie, le prêtre a relevé entre autres le manque de prêtres et de lieux de
culte, la nécessité de disposer de catéchismes et de livres contenant les
prières usuelles en langue albanaise. Il a également souligné que le peuple
albanais a besoin de "pain quotidien", condition première de toute évangélisation.
Dans ce climat, Jean Paul II a reçu au Vatican le 4 juillet le Premier
ministre albanais, Ylli Bufi. Deux délégations du Saint-Siège ont récemment
pu se rendre en Albanie. Le Saint-Siège et l’Albanie n’entretiennent pas
encore de relations diplomatiques, ce qui devrait se faire très prochainement, estiment les observateurs.
Mère Teresa de Calcutta, de son côté, a annoncé à Rome, de retour d’un
voyage en Albanie - d’où elle est originaire -, avoir ouvert dans le pays
la cinquième maison des "Missionnaires de la Charité" destinée à accueillir
les pauvres et les mourants. (apic/jt/cor)