Albanie: pillage de l’aide internationale (240192)
Les oeuvres d’entraide contraintes de revoir leur politique
Tirana, 24 janvier(APIC/Franz Morawitz) "En Albanie la famine grandit, on
ne peut plus acheter ni riz, ni pâtes, ni graisse, ni sucre", rapporte le
père Hubert Wilschowitz, délégué du Fonds d’aide européen (EHF), mis sur
pied à Vienne par les Conférences épiscopales allemande et autrichienne.
Hubert Wilschowitz a accompagné récemment un convoi de deux camions de dix
tonnes de nourriture et d’équipements destinés à la paroisse et au futur
séminaire de Shkodra. Mais à peine arrivé sur place, tout le chargement a
été pillé.
Le jour de leur arrivée au port de Durrës, après de longues formalités
douanières et trois heures de route jusqu’à Shkodra, le père Wilschowitz et
son équipe, accompagnés par le curé Don Nogaj ont voulu mettre en sécurité
leur chargement dans un dépôt. Le Père Wilschowitz raconte: " J’ai tout de
suite remarqué que la sécurité de l’entrepôt pour la nourriture était très
précaire. Les grilles des fenêtres paraissaient bien minces et les serrures
des portes vermoulues bien faibles. Vers 16 heures, le premier camion était
vide. Ensuite le deuxième camion a été ouvert, il contenait une camionnette
VW, les équipements les plus importants pour la cuisine du séminaire, un
bureau pour la paroisse, des équipements pour l’église, de la peinture et
des outils".
La foule se rue sur les marchandises
"Alors que j’essayais de garder un oeil sur l’ensemble de la situation,
j’ai remarqué que la foule des spectateurs devenait de plus en plus grande.
Le nombre grandissant des hommes qui de loin regardaient à l’intérieur devenait de plus en plus menaçant. Toujours plus de gens se rassemblaient et
entouraient nos véhicules, ils exigeaient a tue-tête de saisir eux-même ce
que nous déchargions du deuxième camion. Soudain nous avons entendu la vitre arrière de notre jeep se briser. Quelques jeunes gens avec de grands
cris ont sauté sur le véhicule. Je vois encore comment l’un d’entre eux
s’est enfui avec ma valise. En même temps j’ai remarqué comment la foule
qui était devant le dépôt s’y est engouffrée violemment. Le pillage des médicaments et des vivres avait commencé..."
Sous des branches enflammées
L’équipe a dû quitter précipitamment Shkodra : "Nous avons fui par les
routes de campagne en direction de Tirana. Nous n’avions qu’une seule pensée, ne pas nous arrêter. Nous n’avions personne à qui demander de récupérer le chargement. En route, on nous a lancé des branches enflammées... si
la voiture avait pris feu, nous étions perdus".
Le père Wilschowitz a été particulièrement frappé que non seulement les
vivres, mais aussi les équipements destinés à l’Eglise aient été pillés ou
volés. Pour cette raison, le Fonds d’aide européen a décidé de revoir sa
stratégie. Les prochains transports d’aide seront acheminés vers les locaux
de la Caritas et de l’évêché de Tirana et entreposés dans un dépôt bien
protégé. La Secrétairerie d’Etat du Vatican a demandé au Fonds d’aide européen de prendre en charge le financement de ce bâtiment. L’ambassade allemande devrait procéder à l’achat du local. C’est dans cette maison que
pourront être installées les infrastructures de l’Eglise : l’évêché, la
nonciature, les bureaux de Caritas et de l’action catholique.
Présence des Missionnaires de la Charité de Mère Teresa
Ces quatorze derniers mois, Mère Teresa a ouvert deux maisons à Tirana,
où se trouvent les racines de sa propre famille, émigrée plus tard à Skopje, en Macédoine. Quatorze religieuses et onze postulantes sont à pied
d’oeuvre jour et nuit à Tirana, Shkodra, Elbasan et Durrës.
Les maisons des Missionnaires de la Charité sont littéralement assiégées
par les personnes âgées et les mères avec leurs enfants. Elles attendent
pendant des heures et des heures dans le froid dans le vague espoir d’une
aide. Les distributions par les religieuses de médicaments et de vêtements
finissent régulièrement par des querelles. Depuis des semaines, les soeurs
n’ont pas une minute de repos, et n’ont pas trouvé une nuit de sommeil.
Lorsque Mère Teresa a entendu parler de cette situation pénible et
épuisante, elle a ordonné à ses religieuses de fermer leur maison au moins
la nuit. Mais pendant toute la nuit, une pluie de pierres contre la maison
les réveillent.
Le Nonce apostolique demande de l’aide aux Européens
Mgr Ivan Dias, nonce apostolique à Tirana, est à la tête de l’organisation de l’aide. Il a lancé un appel aux Caritas européennes pour obtenir de
l’aide en faveur de la population albanaise. Les oeuvres d’entraide de
l’Eglise de chaque pays doivent soutenir l’Albanie durant ce passage extrêmement difficile, particulièrement pendant les mois d’hiver, explique Mgr
Dias dans une sorte d’appel au secours. (apic/w/eg/mp)