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    Les mafieux exigent des commissions

    Albanie: La mafia convoite l’aide l’humanitaire

    Shkodrë, 5 mai 1999 (APIC) Des volontaires affluent en Albanie pour décharger leurs camions de vivres et distribuer l’aide aux réfugiés, mais personne ne les a préparés à lutter contre la mafia locale, qui pille les convois. "Ici, il faudrait des cow boys ", déclare plein d’énergie le Père Mario Baglio, missionnaire dans la ville albanaise de Shkodrë.

    En un seul jour, tandis qu’ils déchargeaient un camion, le prêtre et des volontaires ont été attaqués trois fois par des bandes mafieuses. "Ils avaient des couteaux et voulaient tout nous voler. Les prêtres et les religieux sont intervenus avec énergie, sans quoi les volontaires, pris de panique, se seraient tout fait voler", confie le Père Baglio au quotidien catholique italien "Avvenire". Il ne se laisse pas impressionner: "La mafia locale exige une commission. Moi, je ne la leur donne pas et je continue à travailler. On verra jusqu’où ils iront".

    Le Père Baglio est responsable de la Caritas à Shkodrë, où les prêtres doivent défendre, seuls, entre 10 et 15 camions qui arrivent chaque jour. Il dément les rumeurs lancées par un quotidien italien selon lesquelles un camion d’armes aurait été envoyé à la Caritas de Shkodrë. Selon ce quotidien, une cache dissimulée dans des camions chargés de matériel "humanitaire" par la Caritas locale avec l’aide de religieux contenait des armes destinées à l’UçK.

    Selon le Père Baglio, la police ne fait pas grand chose pour les défendre contre les agresseurs mafieux. Personne ne veut aller prêter main forte, parce qu’ils sont dans une zone dangereuse. A partir de quatre heures de l’après-midi plus personne ne passe sur la route, car les bandits descendent de la montagne, armés, pour voler les automobiles.

    La ville de Shkodrë, proche du camp de Kukës, reçoit des vagues de réfugiés qui n’ont plus de place dans les camps. "On nous prévient: "Préparez à manger pour 3’000 personnes", souvent quelques heures avant seulement, et c’est ainsi tous les jours. Il y a déjà plus de 30’000 réfugiés à Shkodrë, une ville de 100.000 habitants", explique le Père Baglio. (apic/zenit/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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