Aigle: synode de l’Eglise réformée vaudoise (140692)
Aigle, 14juin(APIC) C’est à Aigle, que s’est déroulé le Synode de printemps de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), présidé
par M. Paul Schneider (Ste-Croix). Le menu de cette assemblée du législatif
de l’Eglise était fort chargé, avec le débat sur le nouveau Département de
l’information et sur l’instauration d’un poste de chancelier de l’Eglise.
Les délégués ont en outre procédé à l’installation d’une nouvelle conseillère synodale, Mme Madeleine Allenbach (Montreux), qui succède au professeur Jean-Claude Badoux, appelé à la présidence de l’EPFL. Enfin, sensible
la conjoncture actuelle, le Synode vaudois a voté une résolution marquant
la solidarité de l’Eglise réformée avec les personnes confrontées à des situations professionnelles difficiles.
Dans son discours, le président du Conseil synodal, le pasteur Jean-Paul
Perrin (Lutry) a salué et remercié Jean-Claude Badoux, Conseiller synodal
démissionnaire après dix ans d’activité au sein de l’exécutif de l’Eglise.
Le professeur Badoux a souligné dans son discours d’adieu l’importance
d’une relation de qualité avec l’Etat de Vaud. "Jamais je n’ai ressenti une
action de l’Etat comme une immixtion, même légère, dans les affaires de
notre Eglise". M. Badoux a insisté sur le bénéfice pour le peuple vaudois
tout entier que représente un tel partenariat. Le vice-président sortant a
également rompu une lance en faveur de la pastorale des protestants de
langue étrangère. "Des dizaines de milliers d’étrangers contribuent à enrichir notre vie et notre pays. Ils font tous partie du peuple vaudois et
nous nous devons de les considérer comme tels." M. Badoux a en outre souhaité que l’Eglise réformée vaudoise respecte toujours davantage le pluralisme des tendances qui s’y cotoient. "J’aime cette Eglise pour tout ce
qu’elle est, pour la pertinence et la fidélité de son témoignage", a-t-il
conclut.
Le Synode a élu par 113 voix sur 115 l’unique candidate: Mme Madeleine
Allenbach. Née en 1941, mariée et mère de 3 enfants, la nouvelle conseillère synodale a été enseignante l’école de laborantines médicales après avoir
collaboré avec Helvetas au Népal. Elle a de nombreuses activités dans
l’Eglise, notamment comme présidente d’Evangile et Culture. La nouvelle
conseillère synodale a été installée lors d’un culte, en fin de journée.
Aumônerie de la prison de Lonay et solidarité sociale
La discussion sur le Rapport annuel du Conseil synodal n’a pas donné
lieu à de grandes interrogations de la part des délégués. Le Synode a approuvé la proposition de procurer à la prison de Lonay un service d’aumônerie susceptible d’assurer une présence protestante ainsi qu’un suivi dans
l’accompagnement des détenues. Face aux problèmes économiques, le Synode a
adopté par une large majorité une résolution demandant aux paroisses du
canton de marquer "par un signe concret leur solidarité avec des personnes
confrontées à des situations professionnelles difficiles". Satisfaction du
côté des finances puisque au lieu du déficit budgeté de 92’727 francs, les
comptes 1991 clôturent avec un boni de 31’284 francs, sur un bilan total de
plus de six millions de francs.
Une politique de l’information
Le Conseil synodal a présenté son rapport sur le "Département de l’information" de l’Eglise. Dans ce document, il présentait une restructuration
du département et la mise en place d’une politique de l’information. Il
évoquait également un projet de formation à la communication écrite et orale et, bien entendu, l’évaluation des consé- quences budgétaires de toutes
ces mesures. La Commission d’examen a estimé que les propositions faites
par le Conseil synodal devaient être soutenues. Mais elle a déploré que "le
rapport semble privilégier un seul sens de la communication: de l’Eglise
vers l’extérieur". La commission a souhaité "que l’Eglise ne soit pas qu’un
immense émetteur sans récepteur". Le Synode a adopté une résolution dans ce
sens.
Acceptation mitigée d’un poste de chancelier
Dans un secon rapport, le Conseil synodal a demandé la création d’un poste de "chancelier de l’Eglise". Confronté depuis plusieurs années à une
surcharge de travail, le Conseil synodal militait en faveur de l’instauration d’un secrétaire général qui soit responsable du personnel du secrétariat et de l’administration de l’Eglise, et qui organise une permanence de
renseignement et d’orientation pour les affaires de l’EERV. La commission
d’examen tout en déplorant le manque de préscions dans l’argumentation, a
soutenu la demande du Conseil synodal et a proposé une résolution dans ce
sens. Dans l’assemblée on a exprimé certaines réticences quant à ce projet
craignant une trop grande force du pouvoir administratif. Après un long débat, le Synode a finalement autorisé le Conseil synodal (15 abstentions) à
créer ce poste de chancelier. (apic/spp/mp)