Afrique: théologie et économie au (050789)
Luanda, 5juillet(APIC) Aggravation du service de la dette, croissance
zéro, chute du revenu moyen, déterioration des conditions de vie, etc...
ont perturbé l’environnement international politique et économique pendant
la décennie 1970 et plus particulièrement à partir des années 1980. Ces
bouleversements, qui ont aggravé la faiblesse des économies africaines, ont
été au centre des discussions lors d’une consultation organisée par le
Réseau africain pour la participation des Eglises au Développement (ANCPD),
tenue récemment à Luanda (Angola). Créée en 1980, l’ANCPD est un réseau de
Bureaux de développement des Eglises d’Afrique, des organisations et agences confessionnelles d’assistance travaillant de concert et à travers les
Conseils chrétiens nationaux.
La rencontre de Luanda avait pour objectif de permettre aux délégués des
Eglises d’explorer les voies et moyens offerts aux dénominations chrétiennes pour réfléchir et agir sur les implications théologiques de la crise
économique africaine. Au cours des travaux, l’interdépendance de certains
problèmes est apparue plus nettement. Les participants ont ainsi appris que
la dégradation des structures de production économique est aggravée par
d’autres facteurs; ils notent la diminution de la productivité dans tous
les secteurs économiques, surtout pour l’agriculture et le secteur alimentaire en général. Le service de remboursement de la dette extérieure dont
l’impact est durement ressenti par les franges les plus pauvres de la population continue d’éroder l’économie africaine. L’instabilité politique, indication de l’affaiblissement de l’Etat, est devenue un phénomène endémique
en Afrique.
Ces contraintes constituent un défi que doivent relever les Eglises en
Afrique par un début de processus de réflexion et d’action en lien étroit
avec la mission prophétique de la foi chrétienne, ont décidé les participants. La foi chrétienne, ont-ils souligné, affirme qu’un système économique n’est pas simplement apprécié selon ce qu’il produit ou ne produit pas,
mais selon qu’il protège ou non la dignité du peuple.
Les délégués ont pu percevoir que la démarche prochaine de réflexion
doit être une tentative d’intégrer les questions d’économie et de développement dans le programme quotidien de l’Eglise en Afrique en expliquant
clairement les relations qui dominent sur le continent entre la théologie
et l’économie. Dans cette optique doivent être évalués l’impact de programmes de réajustement structurel, l’économie de guerre, l’apartheid, les
activités des multinationales et les économies nationales, ont-ils affirmé.
(apic/dia/pr)