Afrique: montée du fondamentalisme religieux (250690)
Harare, 25juin(APIC) L’Amérique latine n’est de loin pas la seule région
du monde à être touchée par la montée du fondamentalisme et l’envahissement
des sectes "made in USA". Une nouvelle et forte vague de pensée et d’interprétation chrétienne de l’Evangile déferle à travers l’Afrique, provoquant
l’inquiétude que cette nouvelle doctrine, dans un proche avenir, n’étouffe
les principales Eglises chrétiennes. Ces craintes ont été exprimées lors
d’une réunion tenue récemment à Harare (Zimbabwe) par les représentants de
12 Conseils chrétiens nationaux des Eglises en Afrique.
"Si les Conseils chrétiens nationaux dans leurs pays respectifs n’entreprennent rien pour contenir la nouvelle vague de mouvements religieux
fondamentalistes, les principales Eglises chrétiennes à l’oeuvre en Afrique
verront dans les dix ans à venir le nombre de leurs fidèles s’amenuiser",
ont constaté les délégués. La rencontre d’Harare, patronnée par le Centre
de documentation et d’information oecuménique pour l’Afrique orientale et
australe (EDICESA), rassemblait les délégués des Conseils chrétiens de la
Tanzanie, du Kenya, de la Zambie, du Malawi, du Mozambique, de l’Angola, du
Zimbabwe, du Lesotho, du Botswana, de la Namibie, du Swaziland et de
l’Afrique du Sud.
Les participants ont signalé que cette nouvelle vague d’évangélisation
venue des Etats-Unis prêche principalement sur les miracles en leur donnant
une importance majeure, tout en tendant de cette manière à développer la
passivité de la société dans les pays en voie de développement. Le fondamentalisme religieux, ont observé les délégués à Harare, est délibérement
propagé par les nations riches de l’Occident en vue d’annihiler, face à
l’exploitation et à l’injustice, le sens critique des victimes supposées
consacrer la plupart de leur temps à la prière dans l’espoir de voir leurs
problèmes résolus par des miracles.
A ce propos, les délégués ont présenté le cas douloureux du décès, l’an
dernier, de quelque 40 enfants. Leurs parents, nouveaux convertis dans cette voie du fondamentalisme et croyants convaincus aux seuls miracles, avaient refusé les vaccins et autres procédés d’immunisation élémentaires de
leur progéniture. Tout en acceptant le fait des miracles dans l’enseignement de la religion, les participants ont déclaré qu’il serait préjudiciable aux sociétés des pays en voie de développement "de s’appuyer sur cette
forme de la foi en lieu et place d’un enseignement théologique qui inspire
les fidèles à s’engager dans un travail ardu et à prendre des initiatives
de développement". (apic/dia/pr)