Afrique du Sud: violence au quotidien des Blancs contre les Noirs (270890)
Johannesburg, 27août(APIC) "Le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud
(SACC) a fait parvenir un message au Conseil oecuménique des Eglises (COE)
dans lequel il rapporte le récit de témoins de la violence policière contre
des écoliers noirs en Afrique du Sud: "Le gouvernement parle de changements, de réformes et de cessez-le-feu, alors que la police continue de tirer et de tuer notre peuple, qui n’a rien ni personne pour le défendre. Les
milieux de la droite blanche volent et achètent encore plus d’armes, s’entraînant sans se cacher. Aucune mesure n’a été prise à l’encontre des milices de surveillance, d’Inkatha et de la police".
Le message du Comité des ministères féminins du SACC continue ainsi:
"Notre peuple affirme que M. de Klerk a parlé d’un changement, mais
l’apartheid et son cortège de violence et de maux existe toujours. Rien n’a
été fait pour concrétiser ce changement. Le gouvernement du bantoustan de
Bophuthatswana continue d’emprisonner des Noirs; parmi eux, une femme de 73
ans. Les piliers des lois de l’apartheid sur l’habitat séparé, l’éducation
bantoue, la sécurité sont en réalité encore tous en place.
Selon le témoignage d’un groupe - comprenant des Sud-Africains, des Allemands et des Australiens - qui passait dans la localité noire de Bekkersdal (Transvaal), les autorités avaient augmenté le loyer des maisons de
15%, ce que les locataires ne pouvaient accepter, vu les salaires dérisoires et le chômage élevé. Au lieu de discuter, les autorités ont choisi de
tirer sur la population.
Les élèves ont appelé à un boycottage des magasins et des taxis appartenant aux autorités locales. Lorsqu’ils sont allés présenter leurs doléances
aux autorités locales, celles-ci ont ordonné aux élèves de se disperser et
la police s’est mise à tirer, blessant grièvement trois personnes. Le groupe des témoins tenta d’intervenir pour calmer les esprits. C’est alors que
les policiers blancs ont lancé des gaz lacrymogènes en leur direction.
La remarque d’un officier de police en dit long sur la tension qui règne
en Afrique du Sud: "Nous n’allons pas les laisser marcher et chanter en
brandissant les drapeaux de l’ANC (Congrès national africain). Ils doivent
se disperser, se répartir en petits groupes, arrêter de faire de la politique et cesser de chanter".
Les témoins concluent: "Ceci n’est qu’un petit exemple de ce qui se passe dans plusieurs localités noires et régions de notre pays. De plus en
plus de milices sont mises sur pied, Inkatha multiplie ses violences dans
tout le pays. Cette semaine, ses membres ont attaqué des trains d’ouvriers,
à Soweto et Johannesburg. Sur tout le territoire, des personnes sont arrêtées et emprisonnées par la police: des centaines de personnes rien qu’au
Natal. Deux d’entre elles sont mortes en prison, et la police poursuit ses
tirs meurtriers".(apic/spi/gar)