Afrique du sud: sept personnes tuées au Ciskei (220992)
Lausanne, 22septembre(APIC) Selon une source bien informée en Afrique du
Sud, sept personnes auraient été tuées à Aucland Village, dans la province
du Ciskei. Des femmes et des enfants auraient été repoussés dans des maisons en train de brûler. Selon certains témoins, ces agissements seraient
le fait de membres incontrolés de l’ANC, à titre de vengeance suite au massacre de Bisho. Même si de tels agissements de la part de membres de l’ANC
sont déjà survenus par le passé , il semble que la situation se durcisse
actuellement en Afrique du Sud. Les propos violents tenus lors d’un enterrement, dimanche dernier, en témoignent.
Un correspondant du Service de Presse protestant de lausanne (SPP) a
rapporté mardi 22 septembre que plus d’une dizaine de maisons étaient encore en flammes dans le "township" d’Aucland Village, entre Alice et Hogsback
(Ciskei). Sept personnes auraient été abattues coups de couteaux. Plusieurs
autres, dont des femmes et des enfants, auraient été repoussées dans des
maisons en flammes. Un employé de l’hopital d’Alice a témoigné qu’une femme
âgée et un bébé ont été complètement brûlés.
Il y a lieu de croire que ces massacres sont le fait de membres de
l’ANC. Il est également possible qu’il s’agisse de membres de l’ADM, force
de police mise sur pied par le brigadier Gqozo. Il est cependant extrêmement difficile de connaître les coupables car les témoins n’osent pas parler, par crainte de représailles. Une autre source compétente a confirmé au
SPP que de telles violences de la part de membres incontrolés de l’ANC se
sont déjà produites. Ces agissements n’avaient pas été officiellement revendiqués par les dirigeants du Congrès national africain.
Des propos violents lors d’un enterrement
Depuis le massacre de Bisho, lundi 7 septembre, où 23 personnes sont
tombées sous les balles du général de brigade Oupa Gqozo lors d’une marche
de protestation, la colère des noirs monte. Les bâtiments de la police et
des écoles sont brûlées. Au Cape College (Fort Beaufort), les enseignants
n’osent plus donner leurs cours. L’armée et la police, à la recherche d’armes, encerclent les frontières du Homeland (Ciskei).
Des funérailles ont été organisées dimanche 20 septembre à Alice après
celles de Kingwilliam’s Town (vendredi 18 septembre). A Alice, l’ANC, qui
est incontestablement un mouvement du peuple, a rassemblé un millier de
personnes dans un stade. Certains jeunes orateurs, invités à s’exprimer devant quatre cercueils recouverts des couleurs du mouvement et entourés
d’une haie d’honneur aux poings levés, ont tenu le langage de la violence.
Ils ne veulent plus se laisser intimider par l’armée du brigadier Gqozo.
Une nouvelle marche sur Bisho semble plus que vraisemblable. L’appel à répondre "coups de feu pour coups de feu" a résonné . Beaucoup sont lassés
des négociations. A l’assemblée générale de l’Eglise presbytérienne d’Afrique du Sud, tenue à East London du 12 au 18 septembre, des pasteurs noirs
ont pour la première fois critiqué ouvertement les méthodes violentes utilisées par l’ANC. Selon le correspondant du SPP, "le soutien de l’opinion
mondiale à une ANC non-violente, auquel cette dernière attribue une grande
importance, reste l’un des derniers remparts contre la montée de la haine".
(apic/spp/mp)