Afrique du Sud : réaction mitigée des évêques et (040290)
Pretoria/Genève, 4février(APIC) Si la Conférence des évêques de la région
d’Afrique australe a exprimé son accord avec la dernière déclaration du
président de Klerks, elle a également formulé quelques critiques. Dans une
déclaration signée par le président de la Conférence des évêques Mgr Wilfrid Fox Napier, les évêques voient dans les mesures annoncées par de
Klerks dans son discours de vendredi au Parlement - légalisation des groupes d’opposition, libération de leurs membres emprisonnés, abolition de la
peine de mort - un pas "très courageux, mais beaucoup trop tardif". Le secrétaire général du Conseil Oecuménique des Eglises (COE), Emilio Castro,
pour sa part, dans un communiqué de presse daté du 2 février, salue tout
particulièrement la libération sans condition de Nelson Mandela, qui va
bientôt avoir lieu.
Les évêques regrettent que l’information donnée par les médias sur les
troubles en Afrique du Sud reste limitée, car "aujourd’hui la vérité sur ce
qui se passe est d’une importance décisive". Maintenant que sont offertes à
chacun de nouvelles possibilités de s’exprimer par "les canaux politiques
normaux", des reportages ouverts sont "plus nécessaires que jamais".
"Nous serions très proches de la vraie démocratie", affirment les évêques dans leur déclaration, "si le président remplissait toutes les conditions posées par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) pour une solution par des négociations". Ils auraient alors salué chez le président de
Klerks "une déclaration d’intention claire et non équivoque par laquelle le
lui-même, son parti et son peuple se seraient engagés dans des négociations
sincères et honnêtes avec les chefs des autres groupements". "Nous espérons
que les pas annoncés seront accomplis honnêtement et qu’ainsi nous serons
sur le chemin d’une Afrique du Sud nouvelle et juste" ont conclu les évêques.
Le COE salue l’annonce de lever l’interdiction qui frappe actuellement
le Congrès National Africain (ANC) et de libérer Nelson Mandela et d’autres
prisonniers politiques comme une bonne nouvelle. Il s’agit d’une évolution,
souligne Emilio Castro, en faveur de laquelle le COE est engagé en tant que
mouvement participant à la lutte contre l’apartheid. Le secrétaire général
du COE a également salué l’appel lancé par le président de Klerks à tous
les Sud-africains pour qu’ils participent aux négociations à entreprendre.
(apic/kpr/com/ra/cor)