"Des sanctions économiques limitées devraient être maintenues"
Pretoria, 13avril(APIC) Des sanctions économiques doivent être maintenues
à l’encontre de l’Afrique du Sud, estime Jude Pieterse, secrétaire général
de la Conférence épiscopale catholique d’Afrique australe.
"Seules les sanctions économiques ont permis les réformes actuelles.
L’Afrique du Sud se trouvait dans une impasse, il fallait faire quelque
chose", explique J. Pieterse. Pour garantir une réalisation rapide du processus démocratique, ajoute-t-il, des sanctions doivent être maintenues
sous certaines conditions. En même temps la priorité est d’investir dans le
domaine social afin d’améliorer rapidement la situation de la population
noire.
Le secrétaire de la Conférence épiscopale juge positive la politique de
réformes du président De klerk. "Le résultat le plus important du référendum est peut-être d’avoir donné aux Blancs l’occasion de tendre la main aux
Noirs", observe-t-il. Les mouvements blancs les plus radicaux sont bien obligés de reconnaître aujourd’hui que leur audience est bien moins importante qu’ils ne le prétendent.
1994 devrait voir les premières élections libres et la formation d’un
gouvernement multiracial, espère J. Pieterse. La violence dans les quartiers noirs est avant tout un phénomène social. "16 millions de Noirs vivent en-dessous du seuil de pauvreté, 7 millions ne disposent pas d’un logement convenable, 8 millions d’enfants ne sont pas scolarisés", expliquet-il. "Il existe ausssi un ’troisième pouvoir’ qui fomente la violence parmi les organisations noires". J. Pieterse met en cause des éléments issus
des forces de sécurité qui ne veulent pas entendre parler de réforme ni de
gouvernement noir. Il faut aussi dire que le chef de l’Inkatha, Mangosuthu
Buthelezi "ne favorise pas vraiment le processus de paix", ajoute le secrétaire de la Conférence des évèques.
Selon J. Pieterse, le risque d’un exode massif des 4,4 millions de
Blancs après l’instauration d’une vraie démocratie est minime. La majorité
d’entre eux sont prêts à contriburer au processus de réformes et envisagent
leur avenir en Afrique du Sud. "Pour nous, l’exemple à suivre est celui de
la Namibie. La preuve y a été apportée que la transition de la domination
blanche à une société multiraciale peut réussir". (apic/cip/mp)