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    Polémique entre le président et l’archevêque du Cap

    Afrique du Sud: Nelson Mandela accusé de chercher à semer la discorde chez les anglicans

    Le Cap, le 5 mars 1998 (APIC) Le président de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela, a déclenché une véritable tempête en critiquant une heure durant l’archevêque anglican du Cap, Njongonkulu Ndungane. Au cours d’un déjeuner auquel il avait convié deux évêques et d autres ecclésiastiques anglicans, le président Mandela s’en est vivement pris à l’archevêque, lui reprochant ses attaques contre le gouvernement. Sous l’apartheid, l’archevêque était membre du Congrès panafricaniste (PAC), rival de longue date du Congrès national africain (ANC) dont fait partie le président Mandela.

    Le président Mandela est agacé par les fréquentes critiques de l’archevêque sur la façon dont le pays est gouverné. Tout comme son illustre prédécesseur, l’archevêque Desmond Tutu, qui ne mâchait pas ses mots pour critiquer l’ancien gouvernement de l’apartheid, l’archevêque Ndungane n’hésite pas à attaquer le gouvernement de l’ANC.

    Les anglicans n’ont pas tardé à réagir aux propos du président Mandela. Le 1er mars, le "Sunday Times", journal national à grand tirage, a publié à la une un article intitulé "Les anglicans sont furieux contre Mandela". Le quotidien écrivait que l’Eglise anglicane est "partie en guerre" contre le président Nelson Mandela, accusé de vouloir semer la discorde entre l’archevêque et le reste de l’Eglise.

    Promesses non tenues

    La polémique fait suite aux remarques publiques de l’archevêque Ndungane, qui reprochait récemment au gouvernement de Mandela de ne pas avoir tenu les promesses faites lors des premières élections démocratiques, - qui aboutirent à la constitution du premier gouvernement majoritaire noir en 1994.

    L’archevêque critiquait notamment l’inaction des autorités devant la pauvreté, leur attitude inhumaine à l’égard des retraités, la lenteur de la construction de logements pour les millions de personnes que les politiques de l’apartheid laissent sans logis, et la crise financière des universités.

    L’archevêque ne cesse en outre de dénoncer les ventes d’armes par l’Afrique du Sud, notamment aux pays qui enfreignent les droits de l’homme.

    "Nous sommes partis avec la nette impression que le président cherchait à isoler l’archevêque et à monter le clergé contre lui", a commenté Mgr Buchanan, de Johannesburg, l’un des deux évêques présents au déjeuner.

    Le président accepte mal les critiques

    "Ce déjeuner a tourné en une attaque contre moi. Si le président, pour lequel j’éprouve beaucoup de respect, accepte mal ce que j’ai pu dire, il aurait pu m appeler. La liberté d expression est quelque chose que nous devons protéger. Je ne saurais tolérer qu’on tente de me faire taire ou qu’on me fasse passer pour un mauvais garçon. Je continuerai de dire ce que je pense. Personne ne fera taire l’Eglise", a déclaré l’archevêque. (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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