référendum n’a pas encore guéri les blessures subies sous l’apartheid"
Rome, 23 mars(APIC) Mgr Desmond Tutu, archevêque anglican du Cap et Prix
Nobel de la paix, s’estime "soulagé mais déçu", au lendemain du référendum
en Afrique du Sud, dans un article publié lundi par le quotidien milanais
"Corriere della Sera". Soulagé par le résultat de la consultation, explique-t-il, mais déçu de ce qu’une fois encore ce soit la minorité blanche
qui ait eu à décider de l’avenir du pays.
"Tristesse et désillusion sont les sentiments qui dominent dans la communauté noire sud-africaine après que la minorité blanche a décidé par référendum du futur des institutions du pays", écrit Mgr Tutu. "Nous sommes
tristes, ajoute-t-il, car il nous a été pénible, à nous qui formons la majorité, d’être relégués une fois encore au rang d’objets sur lesquels un
autre peut décider".
Pour l’archevêque anglican, c’est un "pas en arrière", pour en revenir à
l’époque avant 1990, avant les grands changements comme la libération de
Nelson Mandela. "Nous avons été laissés de côté, sans avoir droit au chapitre dans un choix fondamental qui regarde intimement nos vies".
Même si la victoire des oui a été un grand soulagement et un triomphe du
bon sens, Mgr Desmond Tutu a été déçu que le président de Klerk n’ait pas
exprimé, lors du premier discours prononcé une fois les résultats connus,
une parole de repentir pour les souffrances causées par l’apartheid. "On
obtiendra une vraie réconciliation, observe-t-il, que si on se repent des
torts causés par le passé. "Ceux qui les ont subis sauront à leur tour pardonner. Mais à la condition que celui qui est pardonné indemnise - si cela
est possible - celui qui a subi le dommage".(apic/cip/ba)