le journal catholique encouragé par l’épiscopat
Rome, 21décembre(APIC/CIP) Il y a quelques semaines, le gouvernement sudafricain a menacé de fermer le journal catholique "New Nation", un organe
qui a vu le jour grâce a l’appui de l’épiscopat catholique, qui le considère comme "un instrument important dans la lutte pour une authentique
démocratie".
Les évêques ont réagi à cette menace en déclarant que pareille intervention devrait être considérée comme une étape sur le chemin de la dictature.
Interrogé par Radio Vatican, Ian Linden, directeur de l’Institut catholique pour les Relations Internationales (Londres), est d’avis que le gouvernement considère le journal catholique comme "subversif", en regard
d’une législation extrêmement rigide à l’égard de tout type de déclaration
ou publication.
Certains services du journal ont été critiqués. En cause, notamment, la
publication d’une lettre de protestation émanant des Eglises de RFA. "Je
pense, a affirmé Ian Linden, que le gouvernement n’apprécie pas le fait que
le journal assure une information sur la situation réelle dans les
townships, une information que l’on ne trouve pas ailleurs. "New Nation"
fait partie de la presse alternative qui, en dépit des lois rigides sur
l’état d’émergence, tente de fournir une information correcte sur la situation dans les zones rurales et dans les townships."
Les évêques ont énergiquement protesté auprès du Ministère de l’Intérieur, dirigé par Stoffel Botha, en faisant valoir qu’en ce moment précis
de l’histoire de l’Afrique du Sud, la liberté de la presse profite tant aux
Blancs qu’aux Noirs, car elle permet de rester au courant de ce qui se passe dans le pays et de ce qu’en pense les deux groupes. Les évêques ont aussi réclamé la mise en liberté du rédacteur en chef du journal catholique,
qui se trouve en prison depuis un an sans condamnation ni procès.
La législation autorise la fermeture du journal sur ordre du Ministre, à
moins que ses responsables acceptent la présence d’un officiel chargé de la
censure.
Le "New Nation" compte 250.000 lecteurs, surtout dans les townships. Ces
derniers y cherchent une information correcte sur la situation qui les concerne et, pour Ian Linden, c’est la raison pour laquelle il est impensable
qu’une censure puisse être acceptée pour une longue période. Le journal en
serait réduit, selon lui, à ne plus publier que des informations irrelevantes. (apic/cip/bd)