Bruxelles, 1ermars(APIC) "Ce n’est que sous les pressions que les choses
ont bougé en Afrique du Sud, et ce n’est qu’à la condition qu’elles soient
maintenues que des changements fondamentaux sont envisageables". Tel est
l’appel répercuté à Bruxelles par un représentant du Mouvement des Travailleurs chrétiens d’Afrique du Sud.
En visite à Entraide et Fraternité, le visiteur sud-africain a décrit
l’ambiance qui règne dans son pays au lendemain de la libération de Nelson
Mandela: "Le premier moment d’émotion passé, on constate que Mandela joue
vraiment le rôle de facteur d’unité, même parmi ceux qui sont réticents envers l’ANC".
La situation est en train de changer en Afrique du Sud, et avec elle le
rôle des mouvements présents en monde ouvrier: au temps des grandes manifestations de masse doit succéder celui d’un travail en profondeur, d’une réflexion des groupes de base sur l’avenir du pays. "Le plus important reste
à faire, précise l’hôte d’Entraide et Fraternité. L’apartheid ne changera
vraiment que lorsqu’on supprimera la classification des gens sur base de la
race, et que chaque citoyen pourra voter pour le même Parlement, sans quota
ou chambre séparée".
En attendant, on continue d’assister à des aberrations: alors que les
écoles pour Blances ferment leurs portes faute d’élèves - c’est le cas de
l’Ecole normale du Cap - , des milliers de jeunes Noirs n’ont pas accès à
cet enseignement. Restant sourd à la demande des parents, des étudiants et
des professeurs blancs, le gouvernement refuse d’abolir cette ségrégation
raciale.
Les déclarations du représentant du Mouvement des Travailleurs chrétiens
d’Afrique du Sud vont dans le sens de celles émises par les évêques d’Afrique du Sud lors d’une réunion tenue fin janvier. Ces derniers relevaient
que les pressions sur le pouvoir blanc restent nécessaires, car "telle est
la voie pour la vie" pour la population noire majoritaire. (apic/cip/pr)