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    Une délégation des oeuvres suisses d’entraide de retour

    Afrique du Sud: la page de l’arpartheid n’est pas encore tournée (090492)

    Berne, 9avril(APIC) Malgré les réformes amorcées depuis deux ans et le

    succès du référendum organisé par le Président Frederik de Klerk, l’Afrique

    du Sud vit encore dans la peur et la violence. Telle est l’impression générale de la délégation des oeuvres d’entraide des Eglises de retour en Suisse, après un voyage de 15 jours en Afrique australe. Emenée par les deux

    parlementaires Rosmarie Dormann (PDC/LU) et Rosmarie Bär (PES/BE), la délégation était composée en outre du professeur de droit genevois Giorgio Malinverni, et de trois journalistes, Karl Johannes Rechsteiner, coordinateur

    de la mission, Stefan Hartmann et Daniel Wermus.

    Lors de la conférence de presse, donnée jeudi matin à Berne, les délégués ont relevé l’escalade de la violence, qui touche presque exclusivement

    la province du Natal et la région du Reef (Pretoria, Witwatersrand-Vaal),

    malgré les processus de changements mis en place par le Président De Klerk.

    Pour Rosmarie Dormann, la peur est vraiment réelle, face aux groupes armés,

    face à la police, face au gouvenement, et surtout face à l’avenir. Selon la

    commission des droits de l’homme, patronée par les Eglises, le mois de mars

    a enregistré le record de 437 morts. Pendant le séjour de la délégation

    suisse on a compté 33 morts dans la région du Reef.

    Les représentants des oeuvres d’entraides (Action de Carême, Caritas,

    Conseil missionnaire catholique suisse, Entraide protestante, Coopération

    des Eglises et missions en Suisse alémanique (KEM), Département missionnaire et Pain pour le Prochain (PPP)) ont rencontré des membres des partis,

    des Eglises, dont l’archevêque catholique Denis Hurley, des organisations

    des droits de l’homme et des représentants du gouvernement. Tous constatent

    que la violence est le fruit direct de l’apartheid. La ségrégation raciale

    s’accompagne d’une ségragation sociale très forte. 5% de la population possède 88% des richesses, le taux de chômage est de près de 50%. Seuls 12%

    des jeunes qui quittent l’école trouvent du travail, des millions de personnes vivent dans les "squatters Camps", cités de baraquements héritées de

    l’époque de l’apartheid. La violence politique est donc intimement liée à

    la situation sociale de la majorité de la population. Les membres de la

    délégation ont eux-mêmes été les témoins directs de cette violence à plusieurs reprises.

    Selon la délégation, la responsabilité de la violence revient d’abord au

    mouvement Inkhata (IFK) du chef Zoulou Mangosuthu Buthelezi, responsabilité

    renforcée du fait que le chef Zoulou est ministre de la police de son "Homeland". Les membres du Congrès National Africain (ANC) de Nelson Mandela

    paraissent un peu moins directement responsables, mais ils sont très régulièrement entrainés à riposter en créant ainsi une spirale de la violence.

    Les témoignanges recueillis soulignent aussi la responsabilité passive de

    la police et du gouvernement qui ne réagissent pas de façon suffisamment

    fermes et qui ne parviennent pas à protéger les témoins. Dans quelques cas,

    la participation active de la police aux actes de violence a été démontrée.

    L’espoir réside dans la signature d’un "accord de paix" entre les partis, le gouvernement et la police en septembre 1991 et dans la tenue de la

    Conférence pour une Afrique du Sud démocratique (CODESA). Un des premiers

    effets a été la mise sur pied d’une commission chargée d’enquêter et de

    poursuivre les responsables d’actes de violence. Selon la délégation suisse, les membres ont pris leur rôle très aux sérieux. Mais l’étape la plus

    importante à franchir est la mise sur pied d’un gouverment de transition

    composé de membres des diverses communautés. Les représentants des divers

    partis estiment cependant que des élections libres ne sont pas possibles

    maintenant en Afrique du Sud.

    Rosmarie Dormann a en outre souligné le rôle important des Eglises dans

    le processus de changements. Elle s’est déclarée impressionnée par la volonté et le courage des jeunes militants qui luttent contre la violence et

    l’apartheid. Elle relève aussi qu’elle n’a pas senti de haine des noirs envers les blancs. (apic/mp)

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