Afrique du Sud: La discrimination raciale n’est pas encore morte! (010791)
Durban/Le Cap/Rome, 1erjuillet(APIC) Même si le système de l’apartheid a
officiellement pris fin dimanche 30 juin avec l’abolition de ses derniers
piliers (Land Acts réservant 87 % des terres aux Blancs et Group Areas Act
interdisant aux Noirs d’habiter dans les villes et d’y être propriétaires),
la discrimination raciale en Afrique du Sud est loin d’avoir disparu, estime Mgr Denis Hurley, archevêque catholique de Durban.
Le prélat affirme que l’apartheid n’aura vraiment disparu que lorsqu’on
aura aboli la discrimination toujours en vigueur dans l’éducation et démantelé la politique des "bantoustans" (Regroupement des Noirs dans des "homelands" ou foyers tribaux, les privant de la nationalité sud-africaine).
C’est pourquoi le pays a besoin d’une nouvelle Constitution, affirme Mgr
Hurley, une figure connue de la lutte contre l’apartheid.
Le chemin jusqu’à l’abolition totale de l’apartheid est encore loin, affirme de son côté Mgr Lawrence Patrick Henry, archevêque du Cap. Il se
trouvait vendredi à Rome pour recevoir le pallium des mains du pape, signe
de la dignité archiépiscopale. Dans une interview accordée à l’agence APIC,
Mgr Henry, un membre de la communauté métisse sud-africaine, a expliqué
avoir souffert dans sa propre chair la discrimination raciale : "Je ne suis
ni Blanc ni Noir, mais je suis entre-deux. Un ’coloured’, comme on dit en
Afrique du Sud, et cela ne fait que deux semaines que je suis de facto une
"personne", parce que je ne suis plus classé selon mon origine raciale". La
loi classant la population selon la race (Population Registration Act) n’a
en effet été abolie que le 17 juin dernier...
Des effets positifs pour l’Eglise; le pape bientôt en Afrique du Sud ?
Le démantèlement total de l’apartheid aura également des effets positifs
pour l’Eglise. Les relations de cette dernière avec le gouvernement sont
déjà meilleures à différents niveaux. Auparavant, il n’y avait de la part
du gouvernement qu’interdictions et mises en garde. Le fait que les autorités sud-africaines vont recevoir officiellement Mgr Henry après son retour
de Rome, où il a reçu vendredi le pallium destiné aux archevêques, est un
signe évident de l’amélioration du climat entre l’Eglise et le gouvernement
de Pretoria. "Une telle chose n’aurait pas eu lieu auparavant", signale
l’archevêque du Cap. Mgr Lawrence Patrick Henry, qui a été reçu deux fois
déjà en audience par le président de Klerk, considère que le chef de l’Etat
sud-africain est un homme sincère qui sait écouter et prendre au sérieux
ses interlocuteurs. Mgr Henry a encore révélé que les évêques sud-africains
ont invité depuis longtemps le pape Jean Paul II pour une visite pastorale
dans leur pays. Ils espèrent que leur voeu se réalisera dans un an ou deux.
(apic/be)