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    La rupture entre cousins suisses et sud-africains a été évitée

    Afrique du Sud: conflit au sein de l’Eglise évangélique presbytérienne

    Lausanne, 24août(APIC) Le Département missionnaire de Eglises protestantes de Suisse romande (DM) vit un été chaud. Impliqué dans le conflit qui

    déchire l’Eglise évangélique presbytérienne d’Afrique du sud (EPCSA), il a

    joué une carte importante en recevant en juin dernier une délégation sudafricaine. En juillet il a fait le point: pas de rupture de partenariat,

    mais une nouvelle convention devra être signée par les deux parties. On revient de loin: une histoire riche de 120 ans de collaboration a failli être

    gelée.

    Forte de 60 000 membres, l’EPCSA est issu du témoignage commun de missionnaires suisses et d’évangélistes africains du Lesotho. Fondée en 1873,

    cette Eglise réformée s’est avant tout développée au sein du peuple Tsonga,

    dans l’est du Transvaal et au Mozambique. Plus tard, des paroisses se sont

    également créées dans les grandes villes noires entourant les cités blanches d’Afique du Sud.

    Le DM soutient cette Eglise réformée en lui versant chaque année une

    somme correspondant à 10 % de son budget (pour 1992: 83 000 francs). Quatre

    familles d’envoyées du DM, celles de Jean-François Bill, d’André Kaltenrieder, de Paul Robert et d’Hugues Jeannot, font partie de l’EPCSA.

    Marquée par l’apartheid

    L’Eglise évangélique presbytérienne est déchirée par un des nombreux

    conflits issus de la politique d’apartheid. Dans sa volonté d’éliminer toute proche de résistance à l’apartheid, la police secrète n’a pas ménagé les

    mesures d’intimidation et de récupération pour nuire à cette Eglise: Pasteurs étroitement surveillés, conseillers de paroisse utilisés comme indicateurs, l’attirail habituel des régimes totalitaires.

    Démunis pour s’opposer à la politique ségrégationniste et raciale des

    Bantoustans, certains chrétiens de l’EPCSA, proches de l’administration du

    Gazankulu, s’en sont accomodés et se sont essentiellement préoccupés d’assurer le fonctionnement des paroisses. D’autres alliés aux milieux luttant

    pour l’abolition de l’apartheid, ont voulu à tout prix dénoncer les injustices de cette politique. Les uns plus pragmatiques, les autres plus prophétiques, profondément divisés quant au rôle à jouer par leur Eglise.

    Pris entre deux feux, le DM a reçu en juin dernier une délégation représentant la première tendance dont le secrétaire général de l’EPCSA, Sidney

    Ngobe. Celle-ci l’accuse de soutenir unilatéralement la partie adverse,

    rassemblée au sein d’un groupe de pasteurs laïcs "Standing for the Truth"

    (défense de la vérité). Au cours des débats souvent difficiles, qui ont duré 10 jours, certains points ont pu être éclaircis. Notamment ceux concernant une conception différente de la discipline ecclésiastique, plus stricte en Afrique du Sud qu’en Suisse.

    Déplacement de pasteurs

    La crise s’était notablement aggravée en 1991, lorsque l’exécutif de

    l’EPCSA décidait de déplacer quatre pasteurs du groupe "Standing for the

    Truth". "En fait, il s’agissait de disperser des gens encombrants", remarque Catherine Schneider, qui a été 40 ans en mission dans cette Eglise, de

    retour en Suisse depuis un an. Deux pasteurs se sont pliés à cette décision, deux autres ont refusé de rejoindre leur nouvelle paroisse, estimant

    qu’ils subissaient un préjudice. Ils ont été suspendus de leur fonction

    jusqu’au prochain synode de septembre.

    Cette politique autoritaire, exempte de tout dialogue, a déplu au Département missionnaire, d’autant plus qu’elle avait déjà frappé un de ses envoyés, Jean-François Bill, appelé à travailler pour une autre organisation

    d’Eglise, et qui s’était vu retirer son statut de pasteur de l’EPCSA, sans

    qu’il ait jamais reçu de réponse à ses lettres de protestation.

    Un nouveau départ

    En mai dernier, des voix s’étaient élevées lors du synode missionnaire

    romand pour réclamer un gel des relations avec cette Eglise, incapable, aux

    yeux de certains, de dialoguer et de résoudre ses conflits. Le DM n’a pas

    recouru à cette extrémité-là. Par contre, à l’avenir, il n’enverra plus un

    don global, mais financera des projets précis présentés par l’EPCSA, par

    exemple pour la formation des pasteurs. "La délégation est retournée chez

    elle heureuse d’avoir été écoutée, d’avoir pu exposer au grand jour ses

    griefs à l’encontre du DM , et prête à se faire interroger et à nous interroger sur notre manière de vivre en Eglise. Elle nous a promis de renouer

    le dialogue avec le groupe "Standing for the Truth", relève Eugène Roy du

    DM. "Mais une inconnue demeure: quelle aujourd’hui l’audience réelle du

    groupe "Standing for the Truth"? L’exécutif de l’Eglise évangélique presbytérienne acceptera-t-il de reprendre à son compte plusieurs des questions

    pertinentes de ce groupe? (apic/spp/ak)

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