Afrique du Sud: commémoration du massacre de Soweto (110689)
Pretoriat, 11juin(APIC/CIP) A l’invitation de la Conférence des évêques
catholiques d’Afrique australe, les paroisses sud-africaines ont commémoré
dimanche 11 juin le massacre survenu à Soweto le 16 juin 1976 et qui, selon
les évêques, demeure le symbole le plus puissant de la résistance noire
face à l’apartheid. Les évêques ont rappelé à cette occasion qu’à la suite
des protestations des jeunes de Soweto contre l’emploi de la langue des
Afrikaners dans leurs écoles, il y eut 700 tués et des centaines de blessés
à travers le pays.
Depuis, la résistance à l’apartheid et à ses injustices n’a fait que
s’amplifier, mais la réaction du gouvernement, observent les évêques, a été
de renforcer son organisation répressive. Des milliers de personnes ont été
détenues, d’autres traduites devant les tribunaux et emprisonnées, d’autres
encore tuées. Des organisations ont été interdites et l’état d’urgence a
été instauré.
Treize ans après la résistance de Soweto, il convient, soulignent les
évêques, "de se souvenir de ceux dont le sang a coulé parce qu’ils s’opposaient à l’injustive. Et il importe que les chrétiens entreprennent tous
les efforts nécessaires pour que se construise une société plus juste en
Afrique du Sud".
Une série de symboles
Les évêques catholiques sud-africains appellent en outre tous les
chrétiens à prier pour la fin de l’état d’urgence et de toutes les forces
de répression dans leur pays; ils les invitent à s’engager eux-mêmes pour
atteindre cet objectif.
Avec l’appel des évêques, les paroisses cathopliques du pays avaient reçu des affiches et des suggestions pour les célébrations liturgiques, dont
une liste de symboles qui furent utilisés lors de la procession des offrandes. Une chaîne représentait la détention; des ciseaux pour démêler la censure des médias; un T-shirt d’une des organisations travaillant pour la
justice; les noms de personnes mortes dans la lutte; des expressions de
jeunes rappelant le sacrifice de leurs frères en 1976. Le 16 juin est aussi, pour le peuple sud-africain, la Journée nationale de la jeunesse.
Le document épiscopal retrace en outre le combat mené par les étudiants
sud-africains contre le racisme et l’apartheid. Il rappelle qu’en Afrique
du Sud, l’on dépense aujourd’hui sept fois plus d’argent pour un élève
blanc que pour un élève noir. (apic/cip/pr)