Afrique du Nord: des jésuites qui ne font rien? (210689)
Rabat, 21juin(APIC) Pour toute leur région apstolique du Magreb, dans le
nord de l’Afrique, les Pères jésuites ne comptent que 23 membres. Ils constituent quatre communautés de Rabat (Maroc) à Constantine (Algérie) en passant par deux autres villes algériennes, Oran et Alger. Il y a dix ans, le
Père Aruppe, alors préposé général de la Compagnie de Jésus, déclarait non
sans humour au sujet de ses confrères oeuvrant en Afrique du Nord: "J’ai
là-bas 23 jésuites qui ne font rien. Voilà qui m’intéresse".
La région jésuite de l’Afrique du Nord qui regroupe d’anciennes implantations est très jeune comme telle. Elle a été érigée en janvier 1987. Dans
les villes marocaines et algériennes ainsi que dans les "antennes" où les
religieux sont présents, ils oeuvrent notamment dans le domaine de l’enseignement secondaire et universitaire. Leurs autres activités sont: la documentation, la tenue de la bibliothèque, du Centre culturel universitaire
d’Alger, les travaux dans le secteur de la sociologie ou de la botanique,
l’audio-visuel, les traductions. Les religieux assurent en outre des services diocésains et divers autres ministères. Ils n’ont presque plus
d’oeuvres propres à gérer dans l’ensemble de cette région fortement musulmane et qui manque de communautés chrétiennes autochtones.
Dans leur "antenne" de Tézara, au Maroc, les jésuites avaient ouvert une
école d’agriculture. Depuis sa nationalisation en 1982, trois Pères jésuites y résident encore. Ils étudient notamment le genre de service et d’aide
pédagogique ponctuelle à inventer avec les Marocains. La visite de Jean
Paul II à Casablanca en août 1985, a en outre inauguré une ère d’échange
entre le Saint-Siège et le royaume du Maroc dans le domaine des activités
sociales.
En Algérie, les jésuites vivent de manière assez originale leur expérience oecuménique. Ils se retrouvent dans la prière avec plusieurs nationalités pour la célébration de l’Eucharistie à laquelle prennent part
des chrétiens orthodoxes et protestants. Leurs activités dans les bibliothèques de prêt mettent les religieux en contact avec un public venant de
plusieurs horizons, notamment avec des séminaristes et des laïcs. Les plus
jeunes jésuites, après plusieurs années d’arabisation, sont peu à peu en
train d’"inventer", avec leur communauté, leur travail professionnel et
apostolique. (apic/dia/pr)