d’"évangélisation" par les "Eglises" fondamentalistes américaines
Paris, 16avril(APIC/CIP) Evangélisation ou soutien à l’apartheid, à la
"Résistance nationale Mozambicaine" (RENAMO) et à l’UNITA angolaise? Dans
son numéro daté du 11 avril, "L’Afrique du Sud en direct", bimensuel édité
à Paris, s’interroge sur le rôle que jouent en Afrique australe les "Eglises" fondamentalistes américaines, dont l’arrivée en force inquiète sérieusement les principaux dirigeants religieux de la région.
Selon le bimensuel, ces "Eglises" d’un genre nouveau ont une singulière
conception de la mission qui est en fait une nouvelle croisade contre le
"communisme athée, dont il faut à tout prix préserver l’Afrique". Une plaque tournante: le Zimbabwe, pays ou a été créée par les Rhodésiens blancs
une secte pentecôtiste liée aux "Assemblées de Dieu", les Shekinah Ministries. Ces derniers, qui se sont installés depuis au Malawi, "évangélisent" la RENAMO mozambicaine. C’est encore au Zimbabwe que travaillent les
"missionnaires" de "Christ for all Nations", dont le dirigeant fit personnellement croisade contre le Zimbabwe, en 1986. De retour de cette offensive, rappelle "L’Afrique du Sud en direct", l’un de ses collègues écrivit
aux Etats-Unis un article dans lequel il félicitait l’Afrique du Sud et Ian
Smith, l’ancien dirigeant blanc de la Rhodésie. Cette "Eglise" n’hésite pas
à présenter la Zambie comme un pays "communiste".
Le soutien des télévangélistes au régime d’apartheid
Le mouvement "télévangéliste de Jimmy Swaggart est présent au Zimbabwe
depuis 1984, de même qu’en Afrique du Sud et au Mozambique, par le biais
d’un "programme humanitaire". Diffusés par des télévisions de ces trois
pays, les sermons de Sweggart offrent un soutien "théologique" au régime
d’apartheid, estiment les dirigeants du Conseil sud-africain des Eglises
(SACC), Rien d’étonnant, commente le bimensuel, de la part d’un homme qui a
déclaré sans équivoque sa conviction que, s’ils le pouvaient, "les Africains voteraient à 90% en faveur du retour au colonialisme blanc".
Beaucoup de ces groupes ont mis une sourdine à l’expression de leurs positions politiques au Zimbabwe, tout en s’attaquant à l’immense "marché"
des âmes des sud-africains, affirme encore le bimensuel parisien. L’"Eglise" américaine "Campus Crusade for Christ" s’y est ainsi implantée en branches distinctes selon les "races"; au Zimbabwe est présente sa seule branche noire, "Life Ministries", qui y organise des séminaires pour hommes
d’affaires et hauts responsables gouvernementaux.
Des buts précis...
L’un des mouvements les plus représentatifs de cette vague est "Frontline Fellowship", une filiale de l’Action Chrétienne Unie (UCA), qui revendique 4,5 millions de membres. Son activité principale est l’évangélisation
des membres de la RENAMO et de l’UNITA, afin, selon son fondateur, Peter
Hammond, de gagner les âmes des combattants "déçus par les mensonges communistes de la SWAPO et par les missionnaires libéraux ou les pasteurs qui
les ont pervertis et incités à devenir terroristes" (cité par Seve Askin,
"Crusaders on the Warpath", South, décembre 1988).
Pour "L’Afrique du Sud en direct", "ces Eglises n’agissent pas de manière isolée, mais apparaissent comme des fers de lance du mouvement conservateur américain et européen". Le bimensuel inclut dans ce mouvement la
"Heritage Foundation", l’"Internationale Gesellschaft für Menschenrechte"
(RFA), l’"International Freadom Foundation", le Comité pour le Monde Libre
(Grande-Bretagne) et l’Institut pour l’Etude du Terrorisme. Cette dernière
organisation est présidée par Lord Chalfont, connu pour son opposition à
l’ANC et à Nelson Mandela. (apic/cip/pr)