Afrique australe : les évêques ont l’intention (210188)
Pretoria, 21janvier(APIC/CIP) Les évêques d’Afrique australe (Afrique du
Sud, Bostwana, Lesotho, Swaziland et Namibie) sont réunis depuis le mardi
19 janvier à l’occasion de leur Assemblée annuelle.
Parmi les questions abordées par la S.A.C.B.C. (Southern African Catholic Bishops Conference) figure notamment la révision de la Déclaration
publiée par les évêques de cette région il y a dix ans sur l’engagement de
l’Eglise en faveur de la justice sociale et les relations interraciales.
Pour Mgr Wilfried Napier, jusqu’ici président de la Conférence épiscopale, l’Eglise se trouve face à un énorme défi, qui est de combattre la mentalité de l’apartheid.
Mgr Reginald Joseph Orsmond, archevêque de Johannesburg et président ad
interim de la S.A.C.B.C., a déploré au micro de Radio Vatican qu’un grand
nombre de chrétiens sud-africains, y compris des fidèles de l’Eglise catholique, "n’ont pas encore compris quel est le mal qui est à la base de
l’apartheid. La population n’a pas pris conscience autant que nous
l’espérions il y a dix ans de ce mal, et il nous faut donc procéder à une
nouvelle réflexion pour décider des moyens à mettre en oeuvre pour que
mûrisse dans la population le refus du système de l’apartheid".
Au cours de l’Assemblée sera également présenté un rapport d’évaluation
consacré aux écoles ouvertes par l’Eglise pour y accueillir des élèves de
toutes les races. Mgr Orsmond ne cache pas que beaucoup de Sud-Africains
restent opposés à ce type d’écoles. "A l’origine, explique-t-il, l’opposition venait surtout de la part du gouvernement, qui contrôle le système
d’éducation du pays, mais beaucoup persistent dans une attitude de méfiance."
La violence dans les "townships"
Interrogé concernant une apparente diminution de la violence dans les
cités noires, les "townships", dans laquelle beaucoup sont tentés de voir
un signe d’optimisme, Mgr Orsmond répond que, en particulier dans la zone
de Pietermaritzburg, cette violence n’a pas vraiment diminué.
"Ce qui se passe, affirme-t-il, c’est que les appels lancés par diverses
organisations locales aux deux parties impliquées dans cette violence pour
qu’elles suivent la voie du dialogue, ces appels deviennent plus fréquents.
Cela peut justifier un certain optimisme. Mais nous, Sud-Africains, nous
avons appris à ne pas céder trop vite à l’optimisme."
Concernant la violence dans les autres "townships", elle a bien diminué,
mais suite aux sévères mesures répressives prises par le gouvernement pour
contrôler la situation. Mais celle-ci, ajoute l’évêque, n’en reste pas
moins tendue.
Ce calme relatif va-t-il inciter le gouvernement à mettre une sourdine à
ses promesses de possibles réformes ? Mgr Orsmond le pense. "Il ne faut pas
oublier, dit-il, que pèse sur le gouvernement la presssion de l’aile droite
du mouvement politique des Blancs, qui a enregistré des succès considérables aux dernières élections."
L’archevêque de Johannesburg n’en est pas moins convaincu de la volonté
du gouvernement de poursuivre un processus de réforme. "Le problème, ditil, c’est qu’il n’est pas disposé à entamer un dialogue à ce propos avec
les leaders authentiques de la communauté noire." (apic/cip/bd)