Dakar, 23 février(APIC) Dimanche matin, le pape a conclu son voyage au Sénégal. Au cours de la cérémonie d’adieu à Dakar à laquelle assistait le
président Abdou Diouf, Jean Paul II a exprimé l’espoir que " la solidatrité
des nations plus favorisées dans le monde vous aidera à poursuivre le développement du pays. Arrivé dans la matinée en Gambie, le pape a eu dans la
journée des rencontres avec les autorités, les jeunes, le clergé et les
laïcs. Il a appelé les Occidentaux à partager avec les Africains, leurs
connaissances et compétences technologiques.
Le pape a souhaité que les Sénégalais puissent atteindre "Une prospérité
plus grande en unissant toutes vos forces dans une vie publique rendue dynamique par son climat de liberté et de tolérance mutuelles". Le
développement du pays doit se poursuivre, notamment pour donner les meilleures chances aux jeunes par l’éducation et pour préserver le sol si menacé dans cette zone sahélienne à laquelle, vous le savez, je suis très attaché". Jean Paul II a averti de ne pas se laisser "envahir par les fléaux
contemporains qui défigurent l’humanité". En s’adressant aux croyants d’autres religions, le pape a déclaré avoir apprécié "leur désir de dialogue et
de coopération avec leurs compatriotes catholiques" et a ajouté "qu’il soit
donné à tous de demeurer dans des sentiments de respect mutuel et d’amitié!"
Gambie: d’anciens et de nouveaux défis
Dans la matinée, le pape est arrivé à Banjul, la capitale de la Gambie,
minuscule état d’à peine 10’700 km2 et de 860’000 habitants enclavé dans le
Sénégal. Il s’agit de la deuxième étape du 8e voyage du pape en Afrique. A
l’aéroport, Jean Paul II a été accueilli par le président de la République,
Dawda Kairaba Jawara.
Dans son adresse, le souverain pontife a observé que le monde est en
train de traverser "une période de changements des rapports économiques et
politiques, une période, a-t-il ajouté, qui n’est pas privée de graves problèmes et même de craintes pour l’avenir". Il a indiqué que "malgré ses immenses ressources humaines et naturelles, l’Afrique se trouve en difficultés face aux vieux défis, la pauvreté, la faim, et les rivalités ethniques
et face à de nouveaux défis comme le matérialisme, la diffusion tragique du
sida et l’attaque mortelle de la drogue".
Les Occidentaux doivent partager leur technologie et leur expérience
Jean Paul II a affirmé que "le Saint-Siège utilise chaque occasion pour
rappeler à la communauté internationale qu’elle ne doit pas être égoïste au
point de négliger ses devoirs envers ce continent". "Je demande, a-t-il
dit, aux pays industrialisés de donner assistance là où il est nécessaire,
mais aussi de partager leur "know how", c’est-à-dire leur technologie et
leur expérience de sorte que les Africains eux-mêmes puissent être les
principaux artisans de leur progrès. Je demande aux leaders de l’Afrique de
promouvoir l’instruction à chaque niveau, pour que leurs peuples puissent
avoir la connaissance et la compétence techniques nécessaires pour assurer
un vrai progrès".
Un pays stable, démocratique et tolérant
Le pape a aussi loué la Gambie, un pays relativement stable et démocratique. "Je sais que je suis arrivé dans un pays qui a une grande tradition
de coexistence pacifique entre ses habitants, un pays dans lequel les idéaux de tolérance, de justice et de liberté sont tenus dans la plus grande
considération." Jean Paul II a remercié le président de la Gambie pour ses
tentatives de trouver une solution au "triste conflit" au Libéria. "Que
Dieu, a souhaité le pape, porte la paix et la justice dans cette terre si
durement éprouvée."
Le pape a aussi parlé des rapports entre musulmans et chrétiens. En Gambie, 85% de la population est musulmane, 11% appartiennent aux religions
traditionnelles et 2% sont catholiques. Jean Paul II a relevé que les catholiques sont satisfaits de la liberté religieuse qui caractérise la société et qui rend possible la cohabitation des communautés musulmanes et
chrétiennes dans le respect et la concorde.
Plus tard, Jean Paul II s’est rendu au stade de l’Indépendance de Banjul, où il a célébré une messe. Il a relevé que la présence à la célébration de musulmans qu’il a designés comme "chers amis musulmans" est un "signe d’amitié et un symbole du gros travail que les chrétiens et les musulmans peuvent faire ensemble pour la cause de la paix et du progrès". Il a
aussi reconnu que "depuis le XVe siècle et jusqu’à récemment l’intérêt de
l’étranger pour l’Afrique occidentale a été souvent motivé par des ambitions commerciales et politiques; quand il n’a pas causé le terrible fléau
et l’iniquité du commerce des esclaves". Jean Paul II a encore prié pour
"que les chrétiens et les musulmans de cette nation continuent à construire
sur le bien qu’ils trouvent les uns dans les autres et à assurer le développement et le progrès de la Gambie en une société juste et éclairée dans
laquelle tous ses membres peuvent jouer leur juste rôle."
Au cours de l’angelus, le pape a damandé à la Vierge de faire "que
l’Esprit de réconciliation et de vraie solidarité puisse s’enraciner plus
profondément dans cette terre et dans le coeur de tous les gens".
Dans l’après-midi, Jean Paul II est allé en visite de courtoisie chez le
président Dawda Kairaba Jawara. Le président qui a étudié la médecine vétérinaire en Grande Bretagne est au pouvoir depuis 1970.
"Les sirènes illusoires" de la libération et du progrès
Le soir le pape s’est rendu à l’Ecole supérieure de St-Augustin, où il a
rencontré les étudiants. Dans son discours Jean Paul II a parlé des problèmes auxquels est confrontée la jeunesse actuelle. Il a indiqué la tentation
des fausses promesses de bonheur qu’offrent la drogue, l’alcool ou l’abus
du merveilleux don divin qu’est la sexualité humaine. Il a relevé que ces
"sirènes illusoires" d’une libération et d’un progrès supposés, ont déjà
trahi des millions de jeunes dans le monde. En les privant de leurs idéaux,
de leur sens des responsabilités et de défis, elles ont réduit beaucoup de
jeunes hommes et femmes dans un état terrible "de frustration et d’aliénation". Jean Paul II a surtout mis l’accent sur le "faux évangile du matérialisme" qui est prêché à haute voix parmi les jeunes. Le pape a expliqué
que ce matérialisme prétend que le bonheur dépend du nombre de choses matérielles qu’on possède et que le bien-être matériel est la mesure de la valeur d’une personne. "Le vrai bonheur, a souligné le pape, a à faire avec
l’être et non pas avec l’avoir".
Rencontre avec le clergé
Dans la soirée Jean Paul II a rencontré dans la cathédrale de Banjul, le
clergé et les laïcs de la Gambie. La Gambie compte 5 prêtres séculiers, 17
prêtres religieux, 8 religieux non prêtres, 47 religieuses et 10 séminaristes. Les prêtres diocésains sont indigènes tandis que les religieux prêtres
sont tous des Spiritains irlandais. (apic/jt/mp)