Kampala, 17février(APIC) Quelque 740 millions d’hectare, soit plus d’un
quart du continent, subissent une grave dégradation et pourraient devenir
bientôt totalement improductifs, a récemment déclaré à Kampala un responsable du Programme des Nations Unies pour l’environnement, M. Ayoub.
C’est au cours du premier congrès scientifique de toute l’Afrique qui
portait sur les problème de sol, tenu à l’Université Makerere que, M. Ayoub
a lancé ce cri d’alarme. Les taux d’érosions du sol en Afrique ont augmenté
de vingt fois durant les trente dernières années: "Des taux d’érosion aussi
élevés que 200-300 tonnes métriques par hectare par an sont courants dans
certaines régions du continent", a-t-il précisé, en ajoutant qu’environ 3,7
millions d’hectares de forêts et de bois en Afrique disparaissent annuellement.
S’exprimant devant les participants d’une conférence organisée par le
ministère de l’Agriculture de l’Ouganda et la Faculté d’agriculture de
l’Université de Makerere de Kampala, M. Ayoub a en outre relevé le cas du
Sahel. Dans cette région du monde, a-t-il dit, les branches feuillues des
quelques arbres restants sont coupées pour fournir du fourrage aux chameaux, aux chèvres et aux ânes. Or, le déboisement est considéré comme le catalyseur le plus puissant d’accélération du taux d’érosion du sol dans les
pays en voie de développement.
La stabilité du niveau écologique se désagrège
Selon ce responsable du Programme des Nations Unis pour l’environnement,
de nombreux systèmes d’agriculture traditionnels qui représentaient une
stabilité au niveau écologique voici 40 ans sont en train de se désagréger
en raison de la pression démographique. "La population de l’Afrique croît à
un taux de 3,2% par année, plus rapidement que toute autre région. La production alimentaire par personnes est tombée d’environ 12% entre 1965 et
1982".
Abordant le chapitre des solutions, il a recommandé que la dégradation
du sol soit stoppée par des techniques simples, peu coûteuses et efficaces
que les fermiers pourraient facilement apprendre et appliquer. La conservation efficace du sol exige une prise de conscience et un engagement de la
part des gouvernements et des populations en général. Au niveau de la base,
des stratégies visant à intégrer l’agriculture à l’énergie forestière sont
essentielles. (apic/spi/pr)