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    Afrique: 600 "banques des pauvres" en congrès

    Des micro-crédits pour cent millions de familles

    Abidjan, 30 juin 1999 (APIC) 600 institutions de micro-crédit sont actuellement réunies à Abidjan (Côte d’Ivoire), pour la 3e rencontre annuelle de la campagne lancée en février 1997 lors de la Conférence de Washington, le Sommet du Micro-crédit. Objectif: avoir accordé d’ici 2005 des crédits pour des activités de travail autonomes à cent millions de familles parmi les plus pauvres du monde.

    Roda, mariée à 18 ans, analphabète, vivait dans un bidonville de Nairobi, incapable de subvenir aux besoins de ses huit enfants. Sa seule source de revenus était la vente de légumes dans la rue. "Nous lui avons prêté 100 francs, une somme ridicule dans un pays riche, mais qui lui a permis de construire un petit magasin. Aujourd’hui, à 40 ans, elle a son petit magasin dans le marché de la ville; son mari et ses trois enfants travaillent avec elle, trois autres enfants sont à l’Université, quelque chose de tout à fait incroyable pour elle qui est analphabète". L’étrange banque qui a accordé ce crédit à Roda et sa famille, au Kenya, est la K-Rep, la plus grande " banque des pauvres " du continent africain.

    Le micro-crédit aux secteurs les plus pauvres de la population a attiré l’attention d’institutions internationales et de gouvernements. La Banque Mondiale, dont le vice-président, Ismail Serageldin, est présent à Abidjan, suit ces expériences depuis quelques années. La Conférence de l’ONU sur le Commerce et le Développement (CNUCED) estime qu’il existe 500 millions de micro-entreprises dans le monde, essentiellement des personnes seules et des familles qui tentent de survivre aux processus d’exclusion de l’économie mondiale. 2 % seulement de ces entreprises ont accès au crédit. Les autres doivent s’arranger avec les usuriers.

    Les micro-entreprises sont les destinataires des programmes des banques éthiques et des institutions de micro-financement. Les programmes de micro-crédit, qui s’élèvent à 7 milliards de dollars, s’adressent actuellement à environ 15 millions de personnes vivant dans les pays en voie de développement. 97 % des crédits sont restitués. La plupart des destinataires vivent en Asie (12,8 millions). C’est là qu’a commencé l’expérience de la Gramen Bank du Bangladesh. En Afrique, 1,3 millions de personnes en bénéficient, 700’000 en Amérique Latine, 35’000 en Europe, 57’000 en Amérique du Nord, dans les banlieues de Chicago et de Los Angeles.

    La réunion d’Abidjan est centrée sur l’impact social des programmes, ainsi que sur la politique des donneurs: comment identifier les plus pauvres, comment mesurer le succès des programmes en termes de développement humain. (apic/zenit/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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