Afrique: 2e rencontre de la Fédération (280892)
Paris, 28août(APIC) La Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) tiendra sa deuxième rencontre
du 5 au 7 septembre à Cotonou, au Bénin, apprend-on de Paris. L’occasion
pour la FIACAT de souligner les efforts déployés aujourd’hui en Afrique par
les Eglises chrétiennes en faveur des droits de l’homme
Créée en 1974, d’abord en France puis dans de nombreux pays, dont la
Suisse, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture n’avait jusqu’ici suscité que peu d’écho dans l’hémisphère sud. Pourtant, en Afrique,
au Mexique, au Chili, aux Philippines, des ACAT s’organisent en dépit des
difficultés et parfois des violentes répressions qui s’abattent encore dans
certains de ces pays sur les militants des droits de l’homme
La FIACAT, qui a vu le jour en 1987, a organisé sa première rencontre
internationale à Bâle en octobre 1990. L’assemblée de Bâle, qui a réuni 400
délégués, était occidentale à une écrasante majorité. Celle de Cotonou, sera plus spécialement consacrée à l’Afrique; elle aura pour thème "Des chrétiens d’Afrique défendent la dignité humaine". Les ACAT africaines y feront
entendre leur voix, mais aussi les ACAT mexicaine, chilienne et philippine
Les Eglises, et notamment les Eglises africaines, jouent un rôle important dans le combat en faveur des droits de l’homme. Elles apparaissent
souvent comme accélérateurs dans le processus de développement des systèmes
démocratiques. Et se voient aussi confier la place de médiateur.
Pour aider ces initiatives, la FIACAT développe son réseau d’information
et de formation, considérant qu’elle doit effectuer un travail de base auprès des défenseurs des droits de l’homme, à partir des textes nationaux et
sur les types d’action et de solisdarité.
Les journées de Cotonou, où se rencontreront une centaine de délégués
internationaux, s’ouvriront ainsi par une session spéciale de formation aux
droits de l’homme. Quant à la rencontre elle-même, elle sera le cadre de
plusieurs interventions sur les diverses formes de torture en Afrique, ainsi que sur les types d’action peuvant être mis en place sur ce continent.
L’ACAT en Afrique
En Afrique, l’ACAT est née au Bénin en 1988. Sous le régime dictatorial
de Mathieu Kérékou, un avocat béninois avait entendu parler de l’association par un moine français. Il découvrit que dans le monde occidental des
chrétiens se rassemblent, prient et agissent pour le respect des droits de
l’homme. Les statuts de l’ACAT-Bénin furent déposés fin 1989, en pleine
dictature. C’est-à-dire lors de la réunion, début 1990, de la Conférence
nationale qui regroupait les partis et les forces vives du pays sous la
présidence de Mgr de Souza. L’occasion qu’avait choisi Maître Feliho, fondateur de l’ACAT-Bénin, pour apporter une contribution importante, en dénonçant la torture et en décrivant les conditions du rétablissement d’un
Etat de droit.
En 1989, un jeune jésuite béninois en formation à Abidjan (Côte d’Ivoire) apprenant l’existence de l’ACAT, en parle à des étudiants ivoiriens.
Une ACAT fut reconnue officiellement en 1991. Après avoir entrepris un travail d’enquête et de dénonciation après un assassinat et un viol commis
contre des étudiants, l’organisation s’implante également dans le nord du
pays.
En 1990, c’est une religieuse togolaise qui décide, lors d’un séjour à
Lomé, de créer un petit groupe, qui fut enregistré légalement en 1991. En
attendant, l’ACAT locale s’était déjà engagée dans les événements extrêmement troublés qui se déroulaient alors dans le pays. Ce qui valut à
plusieurs de ses membres, en particuliers à son président, des poursuites
dans le nord du Togo.
En 1991, les ACAT du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Togo ont été officiellement affiliées à la FIACAT. Des associations sont actuellement en
formation au Sénégal, en République Centrafricaine et au Burkina Faso.
(apic/cip/pr)