Selon un collaborateur de la Maison Blanche, un "ultimatum" du Vatican
Washington, 5janvier(APIC) Le général Manuel Antonio Noriega n’aurait pas
quitté volontairement la nonciature apostolique à Panama-City, mais cédé à
un "ultimatum du Vatican", a déclaré jeudi à Washington un important collaborateur de la Maison Blanche qui a voulu garder l’anonymat. Le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro Valls, a pourtant déclaré que la reddition avait été volontaire.
Jeudi, au cours d’une conférence de presse, Navarro Valls a précisé que
le général Noriega, "ayant examiné sa situation avec sérieux et responsabilité, a pris la décision de quitter de son propre chef la résidence de la
représentation pontificale pour se présenter au commandement des forces armées des Etats-Unis qui encerclaient la mission diplomatique". Le
porte-parole s’était réjoui de ce "geste spontané" de l’ex-dictateur panaméen qui avait cherché refuge à la nonciature la veille de Noël.
C’est Mgr José Sebastian Laboa, nonce à Panama, qui aurait annoncé à Noriega mercredi "entre 16 et 17h" qu’il n’était plus "persona grata" à la
représentation diplomatique vaticane, affirme le collaborateur de la Maison
Blanche. Il aurait informé les autorités américaines au sujet de cet ultimatum, mais, a affirmé l’informateur de la Maison Blanche, "le gouvernement
américain n’a pas demandé que le Vatican fasse une telle démarche", tout en
ajoutant que l’Eglise avait pris une décision juste.
Selon les défenseurs de Noriega, qui a été inculpé jeudi de complicité
dans le trafic de drogue et de blanchiment d’argent sale par un tribunal de
Miami, on aurait fait savoir à leur client que le gouvernement panaméen allait lever l’immunité diplomatique de "l’ambassade du Vatican" afin de permettre que le bâtiment soit investi. Des milliers de manifestants panaméens
hostiles à Noriega s’étaient rassemblés autour de la nonciature. "Que se
serait-il passé si les soldats s’étaient retirés ?", demande le collaborateur de la Maison Blanche. Selon Marlin Fitzwater, porte-parole de la Maison Blanche, le président américain George Bush a téléphoné jeudi au pape
Jean Paul II pour le remercier de tous les efforts faits par l’Eglise pour
résoudre "l’affaire Noriega". Il assuré le pape par la même occasion que
Noriega aurait droit à un "procès juste". Fitzwater a confirmé que le Vatican s’était renseigné auprès des autorités américaines pour savoir si l’exdictateur panaméen encourait la peine de mort aux USA. Un intermédiaire appartenant à l’Eglise aurait fait savoir à Noriega qu’il ne risquait pas une
telle peine. Le porte-parole de la Maison Blanche a encore souligné que les
autorités américaines n’avaient eu aucun contact direct avec l’ex-général,
et que "toutes les décisions ont été prises par le Vatican". (apic/kna/be)