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    "Affaire Haas": Le pape a pris l’affaire personnellement en main (050392)

    Conférence de presse de la Conférence des évêques suisses

    Berne, 5 mars(APIC) Les évêques suisses, de retour du Synode sur l’Europe,

    avaient promis en décembre dernier des pas concrets "dans un très bref délai" pour résoudre l’"affaire Haas". Jeudi, au cours d’une conférence de

    presse à Berne, Mgr Mamie, président de la Conférence des évêques suisses

    (CES), a révélé que le pape Jean Paul II "a pris personnellement en main,

    actuellement et activement, l’étude de la question posée par le diocèse de

    Coire... Cette question doit trouver des solutions!".

    Mgr Pierre Mamie, nouveau président de la CES, présentait les travaux de

    la 215e assemblée ordinaire de la CES, qui s’est tenue du 2 au 4 mars à

    Pensier, près de Fribourg. Il a expliqué que les solutions à l’affaire de

    Coire doivent être trouvées en lien avec le cardinal Gantin, préfet de la

    Congrégation pour les évêques, et le président de la CES. Mgr Mamie, qui a

    révélé l’intérêt personnel que Jean Paul II porte à l’"affaire Haas", n’est

    pas allé plus loin dans les détails. Ainsi, il est impossible aujourd’hui

    de savoir si une solution concrète (par ex. nomination éventuelle d’un

    administrateur apostolique à Zurich) sera proposée avant le 9 juillet, date

    à laquelle les évêques suisses se rendront trois jours durant à Rome pour

    leur visite quinquennale "ad limina Apostolorum", c’est-à-dire rencontrer

    le pape et visiter les différents dicastères romains, et surtout prier aux

    tombeaux des Apôtres Pierre et Paul.

    En ouverture de l’assemblée de Pensier, le nouveau président de la CES a

    présenté une sorte de "discours programme" - "une première", a dit Mgr Mamie, qui est membre de la CES depuis 24 ans - dans lequel il a souhaité que

    les évêques suisses ne se laissent pas submerger par "l’affaire de Coire".

    Il a regretté que pour cette raison, depuis quatre ans, les évêques suisses

    ont dû lors de leurs assemblées laisser de côté des problèmes majeurs, "que

    les évêques doivent assumer sans nier que Coire est et reste pour nous un

    problème".

    Il a souligné les accents qu’il comptait mettre durant les trois ans de

    sa présidence: le défi de l’inculturation (ce qui vaut aussi pour la "petite Suisse", avec ses différences de culture et son grand nombre d’étrangers), l’utilisation méthodique des moyens de communication, la coopération

    entre les Eglises (poursuite du dialogue oecuménique), l’évangélisation.

    Cette dernière n’est pas une "recatholicisation" de l’Europe, mais la construction d’une Europe nouvelle avec une dimension verticale, "car ceux qui

    ont voulu la construire sans Dieu en 1917 et en 1939 l’ont menée à la catastrophe".

    Rendre la vérité aimable sans l’édulcorer

    A part le point fort de l’évangélisation, les évêques suisses ont également décidé de revoir les méthodes et le rythme de travail de leur Commission Théologique (qui comprend une trentaine de théologiens et de théologiennes), pour la rendre plus efficace. Mais Mgr Mamie a tenu à préciser

    qu’il ne s’agit pas là d’une critique sur le contenu du travail des membres

    de la Commission. Et d’ajouter que "les théologiens auront à nous aider

    pour trouver un langage nouveau, pour notre temps, adapté, rendant la vérité aimable, sans jamais l’édulcorer". (apic/be)

    Encadré

    Pas de consignes de vote pour le 17 mai, mais des critères éthiques

    Commentant les divers objets soumis à la votation populaire le 17 mai prochain, Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire à Genève, a expliqué que la CES

    ne donne plus depuis des années des consignes de vote, mais relève les enjeux éthiques de ces différents projets de loi. Elle renvoie ainsi les

    chrétiens à leurs responsabilités et à leur conscience. Concernant l’adhésion de la Suisse aux institutions de Bretton Woods, à savoir le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale, la CES renvoie aux prises de position déjà élaborées de Caritas, de l’Action de Carême et de Justice et Paix (qui disent oui du bout des lèvres).

    Concernant la révision partielle du code pénal en matière de sexualité,

    la CES en relève les aspects positifs (renforcement de la protection de la

    femme contre la violence exercée dans le mariage), mais également les

    aspects négatifs, comme la libéralisation de la pornographie douce, dont il

    est d’ailleurs difficile de définir les frontières avec la pornographie dure. La CES considère que la protection pénale des jeunes dans le domaine de

    la sexualité n’est pas résolue de façon satisfaisante, voir l’abaissement

    de l’âge à partir duquel les rapports sexuels entre mineurs sont considérés

    comme non punissables. Elle rappelle que ce n’est pas parce que des actes

    ne sont pas punis qu’ils sont pour autant éthiquement permis.

    Au sujet du contre-projet à l’initiative du "Beobachter" contre l’application abusive des techniques de reproduction et de manipulation génétique,

    les évêques en soutiennent certaines propositions (protection de la dignité

    humaine, de la personnalité et de la famille, défense du commerce des embryons et des manipulations génétiques sur les embryons, etc.), mais ne

    sont pas totalement satisfaits. Le contre-projet de l’Assemblée fédérale

    ancre dans la Constitution elle-même la possibilité d’autoriser par exemple

    la fécondation in vitro et la création d’embryons surnuméraires voués à la

    destruction, la procréation assistée aux couples non mariés ou la

    fécondation avec gamètes hétérologues. (apic/be)

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