suisses met sur pied un "groupe de dialogue"
Des fautes dans les deux camps, affirme Mgr Corecco
Berne, 6septembre(APIC) La Conférence des évêques suisses (CES) a décidé
de mettre sur pied un "groupe de dialogue" pour tenter de trouver des solutions à la crise qui secoue le diocèse de Coire. Ce groupe de médiation de
la CES a été désigné lors de l’assemblée d’automne de l’épiscopat suisse
qui s’est tenue du 3 au 5 septembre dans le couvent des capucins de Bigorio, au Tessin. Il sera également chargé du dossier concernant l’éventuelle
érection d’un diocèse de Zurich, et prendra prochainement langue à ce sujet
avec les différents organes de l’Eglise et de l’Etat concernés. La CES a
également discuté des derniers préparatifs du Synode des évêques en octobre
prochain sur "la formation des prêtres dans les circonstances actuelles"
Au cours d’une conférence de presse jeudi à Berne, la CES, à laquelle
Mgr Haas lui-même a demandé de poursuivre ses bons offices, a souligné à
nouveau que Mgr Haas est "l’évêque légitime de Coire". Mgr Joseph Candolfi,
président de la CES - qui fait partie du groupe de dialogue en compagnie de
Mgr Otmar Maeder, évêque de St-Gall et de Mgr Goerg Holzherr, abbé d’Einsiedeln - a estimé que pour cette mission de médiation, "il faudra du temps
et de la patience". Il a déclaré que s’il ne croyait pas au succès de l’entreprise, il ne commencerait pas, et que si une des parties en cause n’a
pas très envie de bouger, il faut voir comment finalement on peut la faire
avancer.
Un diocèse de Zurich
Sur l’analyse du conflit dans le diocèse de Coire, les avis de la majorité des évêques convergent, estime Mgr Candolfi. Mgr Corecco, évêque de
Lugano, a cependant tenu à souligner que les torts sont partagés entre Zurich et Coire. Se déclarant partisan de la création rapide d’un diocèse de
Zurich, Mgr Corecco relève que l’expérience montre que ce sont des problèmes très longs à résoudre. A part le problème oecuménique soulevé par un
éventuel diocèse à Zurich (Mgr Corecco a alors déclaré : "je suis curieux
de savoir si les protestants qui ont sonné les cloches de solidarité avec
les catholiques de Zurich contre le pape, vont accepter maintenant un diocèse à Zurich"), l’évêque de Lugano a estimé qu’il était illusoire de croire que l’on puisse faire une nouvelle Eglise particulière aux conditions
actuelles à Zurich : "Rome ne l’acceptera jamais!". L’Eglise particulière
doit être en communion avec l’Eglise universelle, et cela "comprend aussi
que l’on accepte une décision du pape, celle de la nomination d’un évêque".
Et d’affirmer que le présupposé nécessaire est qu’à Zurich on
reconnaisse finalement que Mgr Haas est l’évêque légitime de Coire,
"d’autant plus qu’on est sûr qu’il a été nommé légalement". Et de demander
aux catholiques zurichois de faire également un pas en avant. "Il faut
cesser de mettre Mgr Haas sur le banc des accusés et de le considérer comme
seul coupable de la situation", a-t-il poursuivi, "et je pourrais faire une
liste des actes commis par la contrepartie qui sont illégales, qui ne sont
pas explicables du point de vue ecclésial, qui sont des fautes".
Renforcer l’identité du prêtre
Délégué de la CES au prochain synode sur la formation des prêtres, Mgr
Corecco, analysant les enjeux de cet important synode, a affirmé que les
vingt ans qui ont suivi Vatican II ont été très difficiles pour le clergé.
En effet, relève-t-il, si le Concile a beaucoup parlé des évêques, il a un
peu oublié les prêtres. On a deux documents du Concile qui traitent des
prêtres, mais ni l’un ni l’autre n’ont été en mesure de donner des points
de repères théologiques et pastoraux précis afin de redonner une identité
précise au clergé. "Il y a un manque théologique dans Vatican II", a-t-il
affirmé. Et lors du synode de 1971, si la question a été abordée, on n’a
pas eu beaucoup de succès, parce que l’on n’a pas eu le courage d’aller à
la racine des problèmes.
D’après le document de la CES envoyé à Rome pour le synode, le prêtre,
souligne Mgr Corecco, doit renforcer son identité théologique et ecclésiologique (sur ce dernier point, selon Vatican II, il fait partie d’un presbyterium, et existe seulement en relation avec les autres prêtres et l’évêque). Il relève encore que c’est le manque de spiritualité spécifique dans
la vie du prêtre qui a desemparé le clergé ces 20 ou 30 dernières années.
"Le prêtre n’est pas un moine qui est aussi chargé de faire un peu de pastorale, mais il a pour mission fondamentale d’annoncer la Parole et de célébrer les sacrements, d’être un apôtre". Le sacrement de l’ordre n’est pas
donné premièrement pour la sanctification personnelle de celui qui le reçoit, mais pour continuer la mission des apôtres, avec les évêques. Et cela, affirme-t-il, doit être compris dans le cadre du projet de réévangélisation de la société, projet lancé par le pape Jean Paul II. (apic/be)
Encadré
Solidarité avec les otages du Golfe
La Conférence des évêques suisses a déclaré dans une lettre adressée à
l’ambassadeur d’Irak à Berne sa solidarité avec les otages retenus en Irak
et au Koweit. Les évêques suisses considèrent les mesures prises par le
gouvernement irakien comme une "grave violation des droits inaliénables de
la personne humaine". Dénonçant l’annexion du Koweit et l’annonce
d’employer tous les moyens pour la maintenir, ils soulignent que cette
attitude contribue "à développer encore les sentiments de racisme ou de
xénophobie dans certaines populations arabes ou occidentales". (apic/be)