Pas d’optimisme exagéré, une solution de la crise de Coire prendra du temps
Rome, 4décembre(APIC) La crise du diocèse de Coire ne sera résolue ni
dans les semaines ni dans les mois à venir, a laissé entendre vendredi à
Rome Jenö Staehelin, l’ambassadeur suisse en mission spéciale auprès du
Saint-Siège. Le diplomate a fait le point après la rencontre d’une heure et
demie qu’il a eue le même jour avec le "ministre des Affaires étrangères"
du Saint-Siège, Mgr Jean-Louis Tauran, responsable des rapports avec les
Etats à la Secrétairerie d’Etat du Vatican. L’envoyé spécial de Berne a
précisé qu’il est clair pour le gouvernement suisse que cette affaire est
d’abord une affaire interne à l’Eglise catholique, soulignant qu’il ne parlerait pas à ce propos d’"une menace pour la paix confessionnelle" et le
Conseil fédéral ne l’a d’ailleurs jamais dit.
Le chef de la division politique I au Département des affaires étrangères était mandaté par le Conseil fédéral pour faire part au représentant du
Saint-Siège de la "vive préoccupation" des autorités fédérales à propos de
l’"affaire Haas" et pour expliquer la situation en Suisse. En septembre
dernier, les représentants des sept cantons dépendant du diocèse de Coire Grisons, Glaris, Zurich, Uri, Schwytz, Obwald et Nidwald - avaient rencontré les conseillers fédéraux Felber et Delamuraz et avaient évoqué la menace sur la paix confessionnelle que faisait planer le conflit de Coire.
Jenö Staehelin est venu à Rome, comme il l’a expliqué aux journalistes,
"pour sensibiliser les représentants du Saint-Siège". Au cours de la rencontre avec Mgr Tauran, le représentant du Conseil fédéral a fait un résumé
de tous les événements de ces derniers mois pour "décrire de façon très
concrète et très détaillée quel est le climat en Suisse". Mgr Tauran a observé qu’on est au Vatican conscient de la situation très complexe et difficile et que l’on est en consultation étroite avec les milieux concernés,
à la recherche d’une solution.
Le ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège n’a pas spécifié laquelle. Au sujet de l’éventuelle nomination d’un administrateur apostolique
à Zurich, l’ambassadeur a déclaré: "J’ai des indications qui me font croire
que c’est une solution qui est à l’examen". Quant à savoir s’il est optimiste, il a répondu: "Je suis réaliste et je ne pense pas que l’on trouvera
une solution dans les semaines à venir, mais il faudra du temps".
Quant à exercer une pression, il a estimé que ce n’est pas là le moyen
qui produit le plus grand succès dans une Eglise qui existe depuis 2’000
ans, malgré les nombreuses difficultés qu’elle a déjà rencontrées. Le but
de son voyage n’était pas d’exercer des pressions, mais de sensibiliser les
responsables romains au sujet de la crise dans l’Eglise en Suisse et il
pense avoir réussi. Jenö Staehelin a laissé entendre que le pape Jean Paul
II doit régler cette affaire dans le cadre des règles de l’Eglise catholique après la nomination régulière d’un évêque, et que cela est difficile si
les reproches qui lui sont faits ne dépassent pas des questions de personnalité. (apic/jt/cic/ba)