Affaire du carmel d’Auschwitz: les religieuses (180791)
Le Préposé général des Carmes déchaussés écrit à Me Théo Klein
Paris/Rome, 18juillet(APIC) Malgré de réelles difficultés - notamment financières -, le Centre de rencontre et de prière et le monastère destiné à
reloger les carmélites vivant en bordure du camp d’Auschwitz devraient être
achevés en octobre 1992. C’est ce que révèle le Préposé général des Carmes
déchaussés, Fr. Camilo Maccise, dans une lettre adressée à Me Théo Klein,
ancien président du Congrès juif européen et du Conseil représentatif des
institutions juives de France (CRIF) à Paris.
Le nouveau Préposé général des Carmes à Rome, dans sa lettre à Théo
Klein, qui fit partie de la délégation juive aux Accords de Genève sur le
carmel d’Auschwitz, relève qu’il a pu prendre connaissance de l’avancement
des travaux à l’occasion d’une séance de travail avec le responsable de la
construction nommé par le cardinal Macharski, archevêque de Cracovie. "Je
pense raisonnable de prévoir que les soeurs seront installées dans leur monastère pour le mois d’octobre 1992", écrit Fr. Maccise. "Il ne serait pas
réaliste d’envisager que ce transfert advienne avant cette date", poursuitil.
"Manque de compréhension et de respect dû à la mémoire juive"
Déclarant s’associer pleinement à ceux qui ont signé à Genève le texte
"Zakhor! - Souviens-toi" le 22 juillet 1986, ainsi que l’Accord de Genève
II du 22 février 1987 (prévoyant le transfert des carmélites dans les deux
ans), Fr. Maccise déclare qu’au seuil de son mandat comme Préposé général
des Carmes déchaussés, il exprime son "regret pour le manque de compréhension et de respect dû à la mémoire juive qui a pu être manifesté par des
membres de la famille du Carmel".
Il relève que la fidélité à la mémoire des martyrs de Pologne sous le
national-socialisme ainsi que la foi catholique "n’exigent pas que les
soeurs carmélites prient sur le lieu d’extermination des martyrs". Quand
les soeurs - qui ont donné leur accord - auront déménagé dans le nouveau
carmel, "le ’Vieux Théâtre’ deviendra alors ’silencieux’, comme le camp",
écrit-il encore.
Le non respect des Accords de Genève II avait provoqué une grande émotion dans la communauté juive partout dans le monde et la menace de la suspension de toutes les relations entre la communauté juive et le Vatican
avait été brandie en janvier 1989 par différentes organisations juives,
dont le Congrès Juif Mondial à Genève. Le cardinal Decourtray, archevêque
de Lyon et président de la délégation catholique aux Accords de Genève,
s’était beaucoup démené pour que les engagements pris alors soient effectivement respectés à Auschwitz, où les résistances étaient vives. (apic/be)