le "oui, mais" des oeuvres d’entraide
Politique de développement, transparence et additionalité des ressources
Berne, 16avril(APIC) Oui à l’adhésion de la Suisse au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale (BM), mais pas à n’importe quelles conditions. La Communauté de travail Swissaid/Action de Carême/Pain
pour le prochain/Helvetas a exposé mardi à Berne au cours d’une conférence
de presse les conditions à cette adhésion: la politique de la Suisse au
sein des institution de Bretton Woods doit notamment s’inscrire dans la
continuité de la politique suisse de développement et respecter les principes de transparence et d’additionalité. De la réponse des autorités fédérales à ces exigences dépend le lancement d’un référendum par les oeuvres
d’entraide, qui réservent encore leur position définitive.
Selon Mario Carera, coordinateur romand de la politique de développement
de la Communauté de travail, il convient en outre de fixer un certain nombre de normes au plan des compétences: toute augmentation de la quote-part
de la Suisse au FMI ou au capital de la BM doit être décidée par le Parlement; la Suisse doit être représentée au FMI par le Département des Finances et à la BM par le Département des Affaires étrangères.
Pour la Communauté de travail, l’Arrêté fédéral prévoyant l’adhésion de
la Suisse au FMI et à la BM doit contenir une référence explicite à la Loi
fédérale sur la coopération au développement et l’aide humanitaire internationale de 1976: ainsi seront pris en compte les aspects sociaux et environnemental de l’aide financière. La transparence doit être assurée non
seulement par le contrôle parlementaire habituel, mais encore par des mécanismes de consultation et d’accès aux informations significatives, en lien
avec les organisations d’entraide, a précisé Mario Carera. De plus, l’adhésion de la Suisse au FMI ne doit pas éroder l’aide publique au développement, encore insuffisante par rapport à la moyenne des pays membres de la
CEE (0,31% face à 0,5%), estime la Communauté de travail: il importe pour
cela de dégager des ressources financières additionnelles.
La réponse des autorités fédérales à ces trois exigences sera déterminante pour le lancement d’un référendum par les oeuvres d’entraide. Cellesci prendront définitivement position après le message du Conseil fédéral
(prévu pour le 8 mai) et les décisions des Chambres, a précisé Mario Carera
au cours de la conférence de presse présidée par Richard Gerster, coordinateur alémanique de la politique de développement de la Communauté de travail Swissaid/Action de Carême/Pain pour le prochain/Helvetas.
Pour une attention plus soutenue à la "rentabilité sociale"
Pour Werner Kulling, secrétaire général d’Helvetas, le FMI et la BM,
"instruments des puissantes nations industrialisées du Nord" qui imposent
leur diktat aux pays pauvres, ne doivent pas se contenter de développer
l’économie de marché en mettant en place une stratégie visant la croissance
et le revenu, mais se préoccuper de la "rentabilité sociale" des projets
qu’ils soutiennent. W. Kulling a plaidé pour une aide bilatérale favorisant
des projets adaptés aux besoins des populations et ne défavorisant pas les
plus démunis.
"Pas de croissance sans développement", a lancé l’économiste ghanéen
Ebenezer Mireku. Pour cela, le FMI et la BM doivent porter une attention
plus soutenue au secteur informel, très développé dans le tiers monde; augmenter l’aide à la formation; participer financièrement aux projets soutenus, notamment pour alléger le poids de la dette; tenir compte de tous les
aspects des programmes mis en oeuvre (économiques, politiques, technologiques, mais aussi sociaux et écologiques), afin de diminuer la mortalité infantile et de contribuer à la paix mondiale. (apic/cor)