Adhésion de la Suisse au FMI et à la BM (090390)
Berne, 8mars(APIC) Oui à l’adhésion de la Suisse au FMI et à la BM, mais
sous certaines conditions, estiment les oeuvres suisses d’entraide. Selon
elles, ,l’arrêté fédéral prévoyant l’adhésion de la Suisse au FMI et à la
BM doit contenir une référence explicite à la Loi fédérale sur la coopération au développement. C’est là une des exigences posées par la communauté
de travail Swissaid/Action de Carême/Pain pour le prochain/Helvetas et
qu’elle fait connaître dans une lettre envoyée le 28 février au conseiller
fédéral Otto Stich. Ceci en prélude à la visite en Suisse mardi 13 mars de
M. Michel Camdessus, directeur général du FMI, que les oeuvres d’entraide
rencontreront au cours de son séjour.
Dans leur lettre, Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain et
Helvetas dressent trois constats : si l’universalité du FMI et de la BM
fait d’eux un lieu privilégié des débats de développement et des affrontements Nord-Sud, la répartition des voix - et c’est à déplorer - donne une
large majorité aux pays industrialisés; les réductions drastiques et peu
ciblées des allocations budgétaires touchent de plein fouet les plus pauvres; enfin le statut d’observateur de la Suisse auprès du FMI et de la BM
n’est pas satisfaisant du point de vue de sa responsabilité en regard de
son rôle international.
Adhérer au FMI, mais en coopérant
Se basant sur ces constats et sur leur expérience concrète en matière de
développement, les oeuvres d’entraide formulent une revendication : "l’arrêté fédéral prévoyant l’adhésion au FMI et à la BM doit contenir une référence explicite à la Loi fédérale sur la coopération au développement, comme cadre devant guider la politique suisse au sein des deux institutions de
Bretton-Woods".
Si la Suisse entre au FMI et à la BM, elle devra observer certaines règles lors de la définition des principes et des modalités de cette adhésion, souligne dans sa lettre la communauté de travail. Pour elle, les
pauvres ne doivent pas souffrir d’éventuelles coupes budgétaires rendues
nécessaires par les programmes d’ajustement structurel et la Suisse est invitée à se prononcer en faveur d’une politique visant la réalisation de
programmes d’ajustement dans les pays industrialisés; la transparence doit
devenir une règle, notamment par la consultation des oeuvres suisses d’entraide; la Suisse doit obtenir un siège au Conseil d’administration du FMI
pour exercer pleinement sa responsabilité internationale; enfin elle doit
s’engager à atteindre l’objectif de 0,5% du PNB, moyenne des contributions
des pays de la CEE, comme aide publique au développement. (apic/com/cor)