Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Accueil triomphal du pape Jean Paul II en Tchécoslovaquie (220490)

    "Un pays dévasté par l’idéologie de la haine"

    Prague, 22avril(APIC) C’est un accueil triomphal que le pape Jean Paul II

    a reçu samedi dans les rues de Prague, pour son premier voyage en Europe de

    l’Est depuis la chute du mur de Berlin. Saluant samedi à 11 heures le Souverain Pontife sur le tarmac de l’aéroport de la capitale tchécoslovaque,

    en présence du cardinal Frantisek Tomasek, archevêque de Prague, et de nombreuses personnalités religieuses et politiques, comme Alexandre Dubcek,

    président du Parlement, et le premier ministre Marian Calfa, Vaclav Havel emprisonné il y a moins d’un an comme "ennemi de l’Etat" - a qualifié de

    "miracle" le fait d’accueillir aujourd’hui, comme président, le pape Jean

    Paul II dans son pays.

    Le président écrivain a alors déclaré au pape qu’il arrivait comme messager de la paix, du dialogue et de la tolérance mutuelle dans ce pays "dévasté par l’idéologie de la haine". Une cinquantaine d’évêques - dont 24 en

    provenance de l’étranger - et l’ensemble de l’épiscopat tchèque et slovaque

    ont salué Jean Paul II à son arrivée à l’aéroport international de Prague.

    Des soldats sans armes

    Par la volonté expresse du président Havel, l’unité militaire qui a accueilli le pape à l’aéroport avait été désarmée. Jean Paul II a salué dans

    le président Havel "un homme qui a enrichi la culture politique contemporaine de l’Europe, en mettant l’accent sur des valeurs qui nous sont proches, à nous chrétiens". Embrassant le sol à sa descente d’avion, le pape a

    souhaité que ce geste contribue à "panser les plaies du passé", les souffrances endurées par une Eglise qui n’est "ni riche, ni puissante", mais

    "forte de sa foi, d’une foi approfondie et purifiée par ces longues souffrances".

    A propos des bouleversements à l’Est, Jean Paul II a souligné que "la

    vie des nations d’Europe centrale et orientale a été paralysée jusqu’ici de

    bien des manières, en raison de l’application violente d’une idéologie

    matérialiste, qui ne correspondait pas à leurs traditions spirituelles, ni

    aux exigences du présent, à la veille du nouveau millénaire". Ces nations,

    a-t-il poursuivi, ont besoin de se reprendre et de se renouveler, non

    seulement dans le domaine politique et économique, mais aussi au plan

    spirituel et moral".

    "Le communisme : une tragique utopie"

    Le pape a alors présenté le communisme comme "une tragique utopie, car

    certains aspects essentiels de la personnes humaine ont été oubliés et

    niés." Or, a-t-il dit, "la prétention de construire un monde sans Dieu et

    même contre Dieu s’est révélée illusoire".

    Hommage à l’Eglise du silence

    Le pape s’est ensuite rendu à la cathédrale Saint-Guy de Prague en papamobile, au milieu d’une foule imposante de plusieurs centaines de milliers

    de personnes agitant drapeaux et mouchoirs, applaudissant à tout rompre et

    difficilement contenue par des policiers dont certains saluaient aussi

    l’illustre visiteur. Dans son discours, le pape a rendu hommage à "l’Eglise

    du silence", un silence, a-t-il dit, "qui n’était pas celui du silence et

    de la mort". "Mon souvenir et mes remerciements vont à tous ceux, présents

    ou absents, vivants ou morts, qui ont souffert à cause de leur foi, dans

    les prisons, dans les camps de concentration, en exil, subissant des outrages de toutes sortes".

    Nécessité d’un renouveau moral et spirituel

    Se tournant vers l’avenir, le pape a indiqué que "la liberté de votre

    Eglise et de votre nation ne serait pas complète si elle ne s’accompagnait

    d’un renouveau moral et spirituel". Dans l’après-midi, rencontrant les évêques tchécoslovaques, il leur a dit sa joie que tous les diocèses du pays

    aient finalement leur évêque. Rappelons que durant de nombreuses années, la

    grande majorité des diocèses n’avaient plus d’évêque à leur tête, le régime

    communiste essayant par tous les moyens d’imposer ses candidats et barrant

    la route à ceux qui n’avaient pas son agrément.

    Le pape a d’ailleurs rappelé ces difficultés en déclarant que "dans aucun pays d’une aussi ancienne tradition chrétienne, on a mis autant d’obstacles à la nomination d’évêques dans les diocèses vacants". Au sein du

    nouveau collège épiscopal, a-t-il encore relevé, figurent des "pasteurs

    éprouvés par la souffrance, dont certains ont porté les chaînes pour le

    Christ, ainsi que des hommes relativement jeunes qui ont à peine inauguré

    leur ministère épiscopal". Il a alors évoqué la figure du cardinal Beran,

    ainsi que les heures difficiles vécues au lendemain du "coup de Prague", en

    1948, quand les communistes se sont emparés du pouvoir dans le pays. A

    chaque fois que le pape a rendu hommage à l’attitude courageuse du cardinal

    Tomasek face aux injustices du passé, la cathédrale Saint-Guy a été secouée

    par de longs applaudissements, qui ont visiblement touché le vieux

    combattant de la foi, âgé aujourd’hui de 90 ans.

    Les dangers de la liberté retrouvée

    Le pape a cependant averti les évêques qu’il ne faut pas "sous-estimer

    les dangers que peut comporter la liberté retrouvée des contacts avec l’Occident". Jean Paul II invite les évêques à créer ce qu’il appelle des "défenses immunitaires" opportunes contre certains "virus" tels que le matérialisme, l’indifférentisme, l’hédonisme de la société de consommation, le

    matérialisme pratique et l’athéisme formel, si largement répandu aujourd’hui.

    Concélébrant samedi en fin d’après-midi une messe avec le vieux cardinal

    Tomasek sur l’esplanade de Letna, le théâtre des grandes manifestations

    communistes d’antan, le pape a rassemblé à nouveau une foule immense, avec

    aux premiers rangs le président Havel et Alexandre Dubcek, applaudis frénétiquement à leur arrivée. Le cardinal Tomasek, dans son adresse de bienvenue, a rappelé les célébrations l’an dernier en l’honneur de Ste-Agnès, occasion alors saisie par des milliers de fidèles pour exprimer leur aspiration à la paix. Maintenant, a-t-il déclaré, il s’agit pour la Tchécoslovaquie d’arriver à "une transition non-violente vers une société libre".

    Ensuite le pape a fait une comparaison avec les portes verrouillées du

    Cénacle, où le Christ rejoignit les disciples apeurés pour se manifester

    après sa résurrection, et la porte "solidement fermée" de la Tchécoslovaquie. "Il y a un an, et même moins d’un an, a-t-il souligné, la visite du

    pape était impossible (...) La porte était fermée, verouillée avec le cadenas des instructions et des prescriptions d’un système qui, durant des années, avait fait obstacle à la présence du Christ (...). Ceux qui avaient

    peur de la vérité et de la liberté y faisaient tout pour séparer le Christ

    de la société, de la culture, des institutions de la vie publique, et en

    particulier des jeunes".

    "Je dois réaffirmer en même temps que, durant toutes ces années, le

    Christ était présent ici au milieu de vous", ajoute Jean Paul II, avant

    d’interpeller les pasteurs : "Le pape vient-il aujourd’hui dans une Eglise

    détruite et étouffée, ou bien dans une Eglise régénérée spirituellement? "

    Le pape a alors fourni lui-même la réponse : "Durant cette période difficile, l’Eglise de ce pays est devenue une Eglise forte!" (apic/jt/kpr/be)

    (à suivre)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus