Accord signé entre le gouvernement hongrois et le Saint-Siège (090290)
Rome/Budapest, 9février(APIC) Après 45 ans d’interruption, les relations
diplomatiques entre le Vatican et la Hongrie sont désormais rétablies. Un
accord a été signé le vendredi 9 février dans le bâtiment du Parlement à
Budapest par le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican,
et le premier ministre hongrois Miklos Nemeth, en vue de rétablir des relations diplomatiques par l’instauration d’une nonciature apostolique à Budapest et d’une ambassade de Hongrie au Vatican.
Le cardinal Casaroli a estimé que la signature de cet accord était un
"moment heureux", tandis que Miklos Nemeth qualifiait cet instant d’"historique", d’"acte de grande signification, marquant le début d’une ère nouvelle dans les relations entre la Hongrie et l’Eglise catholique". Une visite du pape en Hongrie est d’ailleurs prévue pour septembre 1991.
La Hongrie est le second pays du Pacte de Varsovie à rétablir ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège. La Pologne l’a précédée le 17
juillet dernier, tandis que de telles relations existaient déjà avec la
Yougoslavie. Celle-ci ne fait toutefois pas partie du Pacte de Varsovie.
Sous le régime de Rakosi, qui fut premier secrétaire du Parti communiste
hongrois, l’Eglise catholique de Hongrie subit de fortes persécutions. Il y
a tout juste 41 ans, le 9 février 1949, le cardinal Mindszenty, primat de
Hongrie mort en 1975, fut condamné à la prison à perpétuité pour "haute
trahison". La sentence fut prononcée au cours d’un procès-spectacle de type
stalinien. Libéré en 1956 lors de l’insurrection hongroise, le cardinal
Mindszenty trouva refuge à l’ambassade des Etats-Unis à Budapest après
l’arrivée des chars soviétiques dans la capitale magyare. De là, après de
laborieuses négociations entre Budapest et Rome, il gagna la capitale autrichienne, où il vécut de 1971 jusqu’à sa mort. Il a été finalement réhabilité officiellement en 1989. Et depuis le 8 février de cette année, la
place du palais archiépiscopal d’Esztergom, où réside le primat de Hongrie,
a été rebaptisée Place Cardinal Mindszenty.
Le 15 septembre 1964 la Hongrie et le Saint-Siège avaient déjà signé un
accord sur des questions d’intérêt commun. Cet accord partiel a offert au
Vatican, dès cette époque, la possibilité de nommer des évêques en Hongrie.
Aujourd’hui, il n’a plus de raison d’être, étant donné le nouvel accord qui
vient d’être conclu à Budapest. Le nouveau régime hongrois, fait-on d’ailleurs remarquer au Vatican, a déjà manifesté à plus d’une reprise son souci
de la liberté de conscience et de la liberté religieuse. C’est ainsi que le
25 janvier dernier le Premier ministre M. Nemeth et le primat de Hongrie,
le cardinal Laszlo Paskai, archevêque d’Esztergom ont signé à Budapest une
loi constitutionnelle garantissant la liberté religieuse et la liberté de
conscience, loi votée par le Parlement hongrois. (apic/cic/cip/be)