Lausanne, 22 septembre(APIC) l’ACAT, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, a présenté jeudi à Lausanne le premier volume de sa
collection de témoignages consacré à Laura Pinto, une militante des droits
de l’homme du Salvador. Ce livre raconte l’histoire d’une mère de famille
enlevée par les "Escadrons de la mort" liés aux forces de sécurité gouvernementale. Il raconte également l’action d’un groupe de jeunes de l’ACAT de
Marly, près de Fribourg, qui a lancé la campagne "Laura, je ne t’oublie
pas", campagne, qui a été relayée au niveau international et qui a abouti à
la libération de cette prisonnière d’opinion.
Au cours d’une conférence de presse, Frédéric Maillard, coordinateur des
jeunes de l’ACAT de Suisse romande, a expliqué le choc qu’avait provoqué
dans le public fribourgeois le témoignage de Laura Pinto sur les disparitions et la torture au Salvador. Après avoir rencontré Laura Pinto un jour de
février 1986, les jeunes de Marly avaient promis de ne pas l’oublier.
Rentrée au Savador peu de temps après, Laura Pinto était à son tour enlevée
par les "Escadrons de la mort". Remuant ciel et terre, les jeunes "acatiens" ont obtenu sa libération quelque mois plus tard. L’auteur de
l’ouvrage, le journaliste fribourgeois Jacques Berset, a interviewé Laura
Pinto dans sa prison d’Ilopango, au Salvador. Il a relevé que les "Escadrons de la mort" refont surface au Salvador depuis un ans, et que c’est
une grande menace pour les partis de l’opposition qui viennent d’être légalisés.
De son côté, Martin Chatagny, un paysan fribourgeois membre de l’Action
catholique rurale (ACAR) qui milite contre les injustices foncières, a
témoigné de la réalité salvadorienne découverte dans le cadre d’une délégation de paysans suisses en Amérique centrale. Martin Chatagny a dressé un
parallèle entre les injustives que subissent - toute proportion gardée les petits paysans tant au Salvador que dans notre pays.
Ce premier ouvrage, intitulé "Laura Pinto ou la chronique d’un séquestre
ordinaire au Salvador" sera suivi prochainement d’un autre livre de l’ACAT
sur les prisons yougoslaves. (apic/pr)