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    Ogourtsov pour un soutien mesuré à Gorbatchev

    ACAT Fribourg : Le dissident soviétique (151089)

    Fribourg, 15octobre(APIC) Mikhaïl Gorbatchev a besoin d’une force politique pour continuer les réformes entreprises en URSS et pour l’instant, il

    ne dispose pas de cette force autour de lui, c’est pourquoi nous sommes

    d’accord pour l’aider de façon prudente, a déclaré samedi au cours de l’assemblée de l’ACAT de Fribourg l’intellectuel soviétique Igor Ogourtsov.

    Rescapé du goulag, le célèbre dissident chrétien qui a passé près de 20

    ans dans les camps, a expliqué à la centaine de personnes présentes les

    raisons pour lesquelles il fallait donner une chance à Gorbatchev, menacé

    par deux graves dangers : la sévère crise économique et le lancinant problème des nationalités. Selon Ogourtsov, le parti communiste en URSS est en

    totale décomposition et depuis 70 ans, le pays ne souffre pas seulement de

    la crise économique, mais d’une tragique ruine spirituelle "après 70 ans de

    Golgotha", "un génocide non seulement physique, mais également

    métaphysique". Les conséquences humaines en sont terribles : on compte 40

    millions d’alcooliques en URSS, de nombreux enfants naissent handicapés...

    les gens sont découragés.

    Mais on assiste depuis quelque temps à un renouveau, "et même mon optimisme naturel est parfois en retard", lance le dissident qui a survécu aux

    brimades et au froid sous le cercle polaire grâce à une foi en Dieu chevillée au corps et à la prière. Ainsi, si on comptait au début de l’année

    quelque 30’000 groupes et associations indépendantes, les groupes informels

    sont déjà aujourd’hui 100’000, et leurs centres d’intérêt vont de la culture à l’écologie. On assiste à la recomposition de la société civile, qui

    avait été liquidée par le parti, qui contrôlait tous les secteurs de la société.

    Renaissance du mouvement démocrate-chrétien en URSS

    Le mouvement démocrate-chrétien ou chrétien-social - dont il est l’un

    des inspirateurs, et ce pourquoi il a été condamné pour conspiration contre

    l’Etat - a été fondé de manière ouverte lors d’un congrès à Moscou en décembre de l’an passé. C’est ainsi qu’a été créé le Mouvement patriotique

    chrétien à la tête duquel se trouve son ami Ossipov. Il existe également

    depuis août dernier le parti démocrate-chrétien russe d’Ogorodnikov, sans

    compter les gens qui gravitent autour de la revue "Le Choix". Tous ces gens

    vont se regrouper en décembre. Igor Ogourtsov - qui mesure le chemin parcouru depuis l’époque où il était pourchassé par le KGB - pense d’ailleurs

    se rendre en URSS le printemps prochain...

    Mais l’ACAT, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, ne

    s’intéresse pas seulement aux droits de l’homme dans les pays communistes :

    elle avait invité samedi Yolande Diallo, responsable à l’ONU du programme

    contre le racisme et l’apartheid. Elle a dressé un bilan tragique de la

    situation des "enfants face à l’apartheid" en Afrique du Sud.

    Les enfants face à l’apartheid

    S’ils sont 5/6 de la population, les Noirs n’ont aucun droit politique

    et économiques : ils n’ont pas le droit de vote et le revenu d’une famille

    noire est de 450 rands, tandis que celui d’une famille blanche est de 9’000

    rands. La discrimination raciale, inscrite dans la Constitution, a des

    conséquences dans tous les domaines pour les Noirs : mortalité infantile

    élevée, sous-alimentation, manque d’infrastructures sanitaires et

    éducatives, et surtout, manque de perspective d’avenir pour les jeunes.

    C’est cela qui les pousse à la révolte.

    Les jeunes et les enfants sont devenus la cible privilégiée de la répression, et depuis l’instauration de l’état d’urgence en 1986, sur les

    20’000 personnes emprisonnées, 60 % sont des enfants et des jeunes entre 6

    et 18 ans, souvent soumis à la torture, affirme Yolande Diallo, qui se montre sceptique face aux "ravalements de façade" de l’actuel président sudafricain de Klerk. Pour elle, ces réformes "cosmétiques" sont rendues nécessaires parce que Pretoria renégocie sa dette extérieure, mais ne changent rien à la substance de l’apartheid. Raison pour laquelle,

    conclut-elle, "la pression doit continuer", car l’Afrique du Sud est

    sensible à son image de marque et redoute que de vraies sanctions soient

    effectivement appliquées par les pays occidentaux. (apic/be)

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