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    L'archidiocèse de Cologne a été mis en cause pour son traitement des affaires d'abus sexuels © Lucas Richarz/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)

    Abus sexuels: l’incompétence de l’Eglise en procès à Cologne

    Un prêtre allemand doit répondre, dès le 23 novembre 2021, d'abus sexuels devant le tribunal régional de Cologne. Dans cette affaire, connue depuis plus de dix ans, l’actuel archevêque de Hambourg, Mgr Stefan Hesse, est également accusé de négligence. C’est tout l’incompétence de l’Eglise qui est en procès.

    L'affaire est un exemple typique du "système d'incompétence" dont témoigne le rapport sur les abus publié en mars dans l'archidiocèse catholique de Cologne, rapporte l’agence catholique allemande KNA.

    Le tribunal régional de Cologne ouvrira le 23 novembre 2021, le procès d’un prêtre catholique, âgé de 70 ans, pour abus sexuels. L'archevêque de Hambourg, Mgr Stefan Hesse, à l’époque responsable du personnel de l'archidiocèse de Cologne, devrait également témoigner au procès.

    Agression de nièces

    L'ancien prêtre est accusé d'avoir commis 31 actes d'abus sexuels sur ses trois nièces mineures entre 1993 et 1999. Parmi ceux-ci, trois seraient des cas graves.

    Les premières accusations et enquêtes contre le prêtre ont eu lieu il y a onze ans. En juin 2010, l'une des nièces a déposé une plainte. La justice civile a alors ouvert une enquête. Informé de la procédure par une lettre anonyme, l'archidiocèse de Cologne, sous la direction de l'archevêque de l'époque, le cardinal Joachim Meisner, a d'abord décidé de suspendre le prêtre de ses fonctions d'aumônier d'hôpital.

    Aucun protocole établi

    Mgr Stefan Hess, alors responsable du personnel de l’archidiocèse, a convoqué le prêtre pour un entretien et lui a remis son certificat de licenciement. Dans une note manuscrite de son secrétaire, contresignée par Stefan Hesse, il est écrit que l'accusé avait tout reconnu. Mais surtout que: "Nous ne ferons pas d'enregistrement, car cela serait susceptible d'être confisqué. Il n'y a que nos propres notes manuscrites, qui peuvent être détruites si nécessaire."

    Dix ans plus tard, Stefan Hesse ne se souvient pas avoir donné son accord pour une telle procédure. Il n’explique pas comment sa signature s'est retrouvée sur cette note, probablement paraphée au milieu de nombreuses autres. Selon sa propre mémoire, le prêtre, dont il se souvient comme étant "très désagréable", n'a pas avoué les infractions commises lors de la conversation, et a nié toutes les accusations. L'absence de procès-verbal ne permet pas aujourd’hui de savoir laquelle des deux versions est correcte.

    L’absence de suivi des procédures

    En 2011, le ministère public a mis fin à son enquête sur l'affaire, après que l'une des nièces - apparemment sous la pression de la famille - a retiré sa plainte. Cette situation a provoqué une incertitude parmi les responsables de l'archidiocèse de Cologne sur l’attitude à tenir vis à vis du prêtre mis en cause.

    Lors d'une réunion informelle, le responsable du personnel, Stefan Hesse, le vicaire général, le chef du tribunal ecclésiastique et le conseiller juridique de l'archevêché sont arrivés à la conclusion "qu'il n'y avait plus rien à faire". Dès lors, le cardinal Meisner a réintégré le prêtre comme aumônier de l'hôpital. L'archevêché a même contribué à hauteur de 3’000 euros à ses frais de justice.

    Le rapport accuse Mgr Stefan Hesse d'avoir violé son devoir de conserver un enregistrement de la conversation avec le prêtre mis en cause. Ce qui était prescrit dans les directives de l'Eglise pour une telle audience.

    A la suite, entre autres, de cette accusation, l'actuel archevêque de Hambourg a offert sa démission au pape François qui pour l’heure ne l’a pas accepté.

    L'archevêque Woelki rouvre l'affaire

    En 2018 finalement, l'archevêque Rainer Maria Woelki a rouvert le dossier. Il a signalé les faits au parquet et à Rome et a interdit au prêtre d'exercer son ministère sacerdotal. En 2020, le ministère public a inculpé l'ecclésiastique devant le tribunal régional de Cologne.

    Le tribunal a prévu pas moins de vingt audiences dans cette affaire, jusqu'à la fin du mois de janvier 2021. Outre Mgr Hesse, 37 autres témoins de l'environnement personnel et professionnel du prêtre ont été convoqués. L'accusé doit également être examiné par un psychiatre. Les trois nièces comparaîtront comme parties civiles dans la procédure. (cath.ch/kna/mp )

    Centre catholique des médias Cath-Info

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