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    Abus: le rapport du Vatican cible l’Italie

    Dans son deuxième rapport annuel sur l’état de la lutte contre les abus au sein de l’Église catholique, rendu public le 16 octobre 2025, la commission pontificale pour la Protection des mineurs poursuit son examen de divers pays du monde. Une large part est donnée à une étude minutieuse et critique des pratiques de l’Église en Italie, pays qui sert de terrain d’observation pour mesurer les avancées et les résistances face à la lutte.

    Les membres de la commission soulignent le poids des tabous culturels persistants, constituant un obstacle pour la libération de la parole des victimes et la dénonciation des crimes, aussi bien en Europe qu’en Afrique et en Asie, qu’en Europe.

    Le cas de l’Italie passé au crible

    Le premier rapport demandé à la commission par le pape François et publié à l’automne 2024  avait été accueilli en demi-teinte. Ce travail avait été pointé du doigt notamment pour son manque de sévérité et d’exhaustivité. Le deuxième rapport de 200 pages, analyse la situation dans divers pays dont Italie avec 23 pages et un constat qui ne cache pas les zones d’ombre: seuls 81 diocèses sur 226 ont répondu au questionnaire et seules sept délégations régionales sur 18 se sont rendues disponibles pour une rencontre.

    Dans l’ensemble, la commission note une résistance culturelle considérable en Italie à la lutte contre les abus", pointant du doigt les "tabous culturels" qui empêchent les victimes de parler de ce qu’elles ont vécu et de dénoncer. Elle regrette aussi des lacunes dans l’équipement et les ressources, y voyant "un risque sérieux" pour la réussite de la lutte. Les diocèses aux abonnés absents devraient "envoyer leurs contributions dans les mois qui viennent", prévient la commission vaticane.

    Le texte formule pas moins de 15 recommandations à l’ensemble du pays, puis considère les cas du Latium, de la Ligurie, de la Lombardie, de la Sardaigne, de la Sicile, de l’Émilie-Romagne, et de la Toscane. Dans cette dernière, tout comme en Ligurie, la commission invite à "ne pas interpréter le faible nombre de cas signalés comme un signe qu’il n’y a pas d’abus". Elle met aussi en garde contre le "sentiment de découragement" dans l’effort pour éradiquer ce fléau.

    Y compris à Rome dans le diocèse du pape

    La commission s’arrête également sur le cas de Rome, le diocèse du pape, relevant des "inquiétudes" sur les "tabous culturels entourant les abus". La commission recommande en particulier pour ce diocèse la création d’une "structure plus systématique de formation à la protection" à l’intention des séminaristes et des prêtres étrangers venant à Rome pour leurs études.

    Lors d’une conférence de presse, interrogés sur cette insistance sur l’Italie, les responsables de la commission vaticane ont souligné que les mêmes éléments de "résistance culturelle" se diagnostiquaient dans de nombreux autres pays. Ils ont reconnu, à l’instar du secrétaire Mgr Luis Manuel Alí Herrera, que le rapport comportait des "limites", et que le chemin était encore long pour atteindre la tolérance zéro.

    La France citée en exemple

    Dans la troisième partie du rapport, qui offre un bref panorama des continents, la France est citée comme "à l’avant-garde de l’intégration entre droit civil et droit canonique". Les protocoles d’accord existant entre les diocèses et les procureurs de la République dans l’Hexagone, garantissant que les cas d’abus sexuels soient signalés aux autorités civiles, sont présentés comme un exemple.

    Le document cite également les recommandations de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), et les mécanismes de réparation et d’indemnisation mis en place dans l’Église en France. Il voit dans ces mesures une approche "holistique de la justice et de la guérison". Cette mention n’est pas anodine puisque le nouveau président de la commission depuis juillet dernier est un Français, Mgr Thibault Verny. Selon Vatican News, l’archevêque de Chambéry a d’ailleurs vu dans sa nomination "une forme de reconnaissance du travail réalisé par l’Église de France" à la suite de l’enquête de la Ciase.

    Par ailleurs, le rappport cite les résultats de l’audit des Missions étrangères de Paris, publié en décembre 2024, qui selon les experts du Vatican "marque leur attachement à la reconnaissance et à la transparence". L’étude révélait 63 allégations d’abus sexuels perpétrés par des prêtres de la congrégation entre 1950 et 2024, mais des lacunes avaient été pointées du doigt dans cet audit.

    Des pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe dans le viseur

    Dans la suite du rapport du Vatican, les autres pays considérés sont africains (Gabon, Guinée équatoriale, Éthiopie, Guinée Conakry, Mozambique, Lesotho, Namibie, Nord de l’Afrique, Mali, Kenya), asiatiques (Japon et Corée) et européens (Bosnie-Herzégovine, Portugal, Slovaquie, Malte, Grèce). Aucun pays d’Amérique ou d’Océanie n’est étudié, les pays choisis étant ceux dont les évêque ont fait des leur visites ad limina en 2024 et qui ont reçu de la commission un questionnaire dans ce cadre.

    Au Gabon, ou encore en Guinée équatoriale, la commission s’inquiète des "sentiments anti-homosexuels dans la société locale et de la marginalisation des victimes abusées par un auteur du même sexe". Face aux graves carences en termes de signalement et de coopération avec les autorités lors des procédures civiles et canoniques, la commission encourage l’adoption de l’initiative Memorare, mécanisme d’aide, y compris financière, pour la protection et l’accompagnement des victimes. Un conseil adressé à tous les pays africains mais aussi à la Bosnie-Herzégovine et à la Grèce.

    Dans certains pays africains, le rapport recommande la mise en place d’un programme d’éducation affective dans les écoles catholiques, et une formation du clergé aux relations saines. Il souhaite aussi encourager les initiatives de réparation non financières. À noter qu’au Japon, le texte rend hommage à l’engagement du nonce apostolique, Mgr Francisco Escalante Molina, dans cette lutte contre la pédocriminalité.

    Pour chacun de ces pays, la commission cite aussi des contributions externes, médias ou organismes qui ont publié des dénonciations ou exprimé leur inquiétude. Au passage, elle adresse une critique à l’Unicef, assurant avoir voulu consulter ses données mais regrettant la difficulté de cette procédure. Le recours à des références extérieures est une nouveauté de ce rapport, les auteurs ayant réalisé qu’il était nécessaire de diversifier les sources, a confié Mgr Luis Manuel Alí Herrera.

    Après les rapports nationaux, deux congrégations religieuses sont examinées. Les religieux montfortains, fondés en France, qui comptent 1’145 membres, sont visés pour des lacunes dans le cadre juridique et normatif, la gouvernance, les ressources humaines, ou encore la prévention. Les sœurs missionnaires de Notre-Dame d’Afrique – 395 membres – accusent aussi des carences en termes d’accompagnement des victimes, ou de transparence des procédures.

    Des efforts à mener du côté du dicastère pour l’Évangélisation

    Dans ce rapport, les membres de la commission s’intéressent enfin tout particulièrement au dicastère pour l’Évangélisation, et à la section dirigée par le cardinal Luis Antonio Tagle depuis 2019. La section pour la première évangélisation veille sur 1’200 circonscriptions ecclésiastiques des ‘pays de mission’, recouvrant principalement l’Afrique, l’Asie et l’Océanie.

    La commission précise d’emblée que le dicastère audité n’a qu’un "petit nombre de cas d’abus" à traiter car les évêques relevant de ce département doivent envoyer leurs cas au dicastère pour la Doctrine de la foi. Les auteurs informent que la section dirigée par le cardinal philippin n’a traité en 2024 que "deux cas de négligence" impliquant des évêques. Selon une règle imposée sous le pape François – Vos estis lux mundi -, le dicastère pour l’Evangélisation des peuples assume certaines responsabilités juridico-administratives concernant les cas d’abus ou de négligences de la part d’évêques sous sa juridiction.

    Chevauchement de compétence le rapport, les auteurs relèvent d’ailleurs des difficultés liées à des «chevauchements de compétences entre plusieurs dicastères». Ceux-ci peuvent créer des confusions et des retards. Par ailleurs, la section examinée ne dispose "que d’un seul fonctionnaire" dédié à l’accompagnement de la lutte contre les abus, "avec un portefeuille très vaste à couvrir". La commission pointe aussi du doigt le manque de ressources allouées à la vérification des antécédents des candidats à l’épiscopat. (cath.ch/imedia/ak/mp)

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