Fribourg/Posieux, 16mars(APIC) Préserver le silence indispensable à la
vie des moines et permettre aux baigneurs de s’ébattre au bord de la Sarine, est devenu un véritable dilemme pour les cisterciens de l’Abbaye
d’Hauterive, près de Fribourg. Le Père Joseph-Marie Chatton, Prieur de
l’Abbaye, a confié les préoccupations bien actuelles de la communauté cistercienne à l’Agence APIC.
Après l’Abbaye de Tamié qui avec ses 100.000 visiteurs par année, réorganise les abords du monastère pour préserver son identité, et les moines
de l’Abbaye de Hautecombe qui vont quitter la Savoie pour le Sud de la
France pour cause de bruit, l’Abbaye de Hauterive, près de Fribourg, subit,
surtout en été, des dérangements qui trouble sa fonction première: le silence pour la prière et la contemplation. Entre les jeunes qui organisent
des fêtes tard le soir jusque dans la propriété du monastère et les
baigneurs qui envahissent les bords de la Sarine, rivière toute proche de
l’Abbaye, les moines ne connaissent plus de tranquillité.
Le Père Joseph-Marie Chatton détaille ainsi les faits: "Des jeunes viennent se délasser avec guitares et bouteilles de bières pendant les chaudes
soirées d’été, surtout le vendredi et le samedi, à proximité du monastère,
perturbant le sommeil des moines" qui se couchent évidement très tôt. De
plus, continue le Prieur, des baigneurs de plus en plus nombreux se pressent sur les rives de la Sarine pour profiter de la nature quasi intacte de
la région. Mais par leurs maillots de bain de plus en plus courts, leur musique amplifiée par les falaises surplombants la Sarine et les ordures
qu’ils laissent après leur passage, les baigneurs deviennent une occasion
de trouble pour les jeunes moines et les visiteurs. En effet, certains
hôtes du monastère se sont plaints du bruit, eux qui viennent à Hauterive
pour se ressourcer dans le silence...
Ces poubelles qui font problème
Les autorités communales sont déjà venues sur les lieux pour étudier le
problème, mais "il est difficile de rester dans les règles pour qu’on ne
nous reproche pas de faire marche arrière", confie le Père Joseph-Marie
Chatton. "Nous ne pouvons pas empêcher les pécheurs de venir, par exemple",
ajoute-il. La seule mesure déjà prise est une interdiction pour les véhicules à moteur de descendre jusqu’à la Sarine. Au sujet des ordures que les
baigneurs laissent ça et là après leur passage, le Père Joseph-Marie Chatton pense que c’est une arme à double tranchant. En effet, "si l’on place
des poubelles sur les rives de la Sarine pour enrayer la décharge sauvage,
on encourage la présence des baigneurs; au contraire, s’il l’on ne fait
rien, on va vers une accumulation des détritus". Malgré les difficultés, le
Prieur espère qu’une solution sera rapidement trouvée avec les autorités
pour l’été prochain. (apic/bd)