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    A Paiporta, la zone la plus touchée par les inondations dans la banlieue sud de Valence, la boue et des véhicules ralentissent la progression des secours © Keystone/MAXppp/F. Cottereau

    À Valence, l'Église vient au secours des victimes des inondations

    Dans un communiqué, Mgr Enrique Benavent, archevêque de Valence, en Espagne, a exprimé sa solidarité et la pleine mobilisation de l’Église auprès des victimes des pluies torrentielles qui ont ravagé la région le 29 octobre 2024. Plus de 200 personnes ont perdu la vie et le bilan pourrait s’alourdir. Le réchauffement climatique explique, entre autres, une telle catastrophe.

    «En ce moment, nous crions vers Dieu pour qu'Il nous aide», se désole le curé de Notre-Dame du Rosaire à Valence, César García, devant les scènes de désolations provoquées par les pluies torrentielles, a rapporté Vatican News le 30 octobre. La veille, des pluies soudaines et extrêmement violentes ont dévasté la région de Valence, provoquant des inondations dramatiques, faisant au moins 200 morts selon le dernier bilan.

    Sur place, l’Église s’organise pour venir au secours des victimes, comme l’explique le site de l’archidiocèse de Valence. Dans les paroisses, de nombreuses installations sont mises en place pour venir en aide à ceux qui ont perdu leur maison dans les inondations.

    «Il y a beaucoup de solidarité»

    De nombreux habitants sont «en état de choc», mais «il y a beaucoup de solidarité», indique  le curé de Notre-Dame du Rosaire. «Les gens aident les personnes âgées. Ils ont également ouvert leurs maisons la nuit dernière pour tous ceux qui avaient besoin d'un abri.»

    Dans la paroisse voisine de la Torre, les bâtiments sont complètements inondés, «avec un mètre et demi d'eau et près d'un mètre de boue, aussi bien dans les salles que dans la sacristie», explique le curé Salvador Pastor. «La porte de l'église est détruite par une pile de véhicules charriés par la force de l'eau et il n'y a pas d'électricité», poursuit-il.

    Le père Salvador Pastor souligne qu' «il est difficile d'estimer le nombre de familles touchées. Déjà la Caritas paroissiale aide environ 190 familles chaque semaine, et cette situation en a touché beaucoup d'autres, de sorte que le total pourrait être supérieur à un demi-millier». Caritas Valence indique sur son site qu'elle "s'est mise à la disposition des administrations publiques pour tout ce qui peut lui être demandé". Actuellement, l'organisation se coordonne avec la mairie de Valence afin de soutenir les personnes qui ont été hébergées dans le complexe municipal de La Pechina.

    La solidarité de Mgr Benavent

    Au cours d’une messe présidée le 30 octobre au matin dans la basilique valencienne, Mgr Enrique Benavent a remercié les diocèses espagnols pour leur aide et leurs prières, face à cette «tragédie». Après un mot de condoléances pour les familles des victimes, il a appelé à la solidarité: «Nous devons aussi penser à toutes ces personnes qui ont passé la nuit dans l'angoisse, dans des situations dramatiques, souvent piégées par l'eau et incapables de rejoindre leur maison. (…) En tant que chrétiens, nous nous sentons membres de la famille humaine et l'Église doit vivre comme une famille». Il a invité à prier «Notre-Dame des Abandonnés» pour ceux qui ont perdu la vie.

    Selon un dernier bilan des services de secours diffusé dans le soir du 2 novembre, 213 personnes au total ont trouvé la mort dans la catastrophe, dont 204 à Valence. Les autorités ont prévenu que ce bilan pourrait s'alourdir, alors que les carcasses de voitures accumulées dans les tunnels et les parkings des zones les plus touchées sont désormais examinées méthodiquement.

    Urbanisation et réchauffement climatique

    La région de Valence, le long de la côte méditerranéenne espagnole subit régulièrement, en automne, le phénomène dit de la "goutte froide", une dépression d’air froid isolée en haute altitude qui rencontre un air chaud qui remonte. Le phénomène provoque des pluies soudaines et extrêmement violentes, parfois pendant plusieurs jours. La violence de l'événement s'est combinée avec d'autres éléments.

    Le réchauffement climatique, certes, mais l’urbanisation galopante dans des zones à risque et le détournement du fleuve Turia expliquent aussi l’ampleur du drame. En effet, un nouveau lit du fleuve a été aménagé sur 12 km, contraignant le fleuve qui se déplace et reprend sa place dès qu'il le peut. Valence se situe au bout d’un bassin versant gigantesque. Elle récupère toutes les eaux qui n’ont pas pu s’infiltrer en amont. Par le passé, il existait des zones tampons en périphérie de la ville, mais 9’000 hectares de vergers valenciens ont été détruits entre 1956 et 2011, soit deux tiers de leur surface. (cath.ch/vatnews/ag/bh)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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