A propos des choix de la Faculté de théologie de Fribourg : (281190)
L’"affaire" des doctorats honoris causa : insatisfaction et amertume
Fribourg, 28novembre(APIC) L’"affaire" des doctorats honoris causa de la
Faculté de théologie de Fribourg a provoqué "insatisfaction et amertume",
constate le recteur de l’Université dans un communiqué de trois pages rendu
public mercredi. Il enverra une lettre au pape Jean Paul II "pour
l’informer de façon complète" et lui faire part des raisons de la "profonde
insatisfaction" du rectorat. Rappelons que le jour du "dies academicus" le
15 novembre dernier, la Faculté de théologie de Fribourg, qui fêtait également son centenaire, n’a pas décerné de titres de docteur honoris causa,
suite au veto romain pour deux de ses cinq candidats.
Le recteur Augustin Macheret révèle dans son communiqué que les objections romaines (venant de la Congrégation pour l’éducation catholique dirigée par Mgr Pio Laghi, ancien pro-nonce aux USA) concernaient dans un premier temps trois des cinq candidats que la Faculté de théologie voulait honorer, mais que ce nombre a pu être ramené à deux après une intervention à
Rome de la Conférence des évêques suisses (CES).
Les candidats de la Faculté étaient soutenus par les évêques suisses
Rappelant les diverses prises de position et les nombreux articles parus
dans la presse suisse et étrangère à propos du refus de la Congrégation
pour l’éducation catholique du Vatican, le rectorat constate qu’il règne à
ce propos "une certaine confusion". Il tient à préciser que "c’est à une
forte majorité que le corps professoral de la Faculté de théologie a choisi, en date du 8 mai et du 19 juin 1990, cinq candidats au doctorat honoris
causa".
Ayant appris que trois candidatures se heurtaient à des objections, la
CES, "dont les préavis avaient été positifs, a fermement soutenu les choix
facultaires auprès de l’autorité romaine compétente". Ainsi, une délégation
de la CES, avec à sa tête son président, Mgr Joseph Candolfi, s’est rendue
à Rome le 19 octobre 1990, et n’a pu obtenir la levée des objections romaines que pour l’un des trois candidats refusés. En sa qualité de Grand chancelier de la Faculté de théologie, le P. Damian Byrne, Maître général des
dominicains, s’est également engagé de son côté pour faire aboutir les
choix facultaires.
"Contrairement donc à ce qui a été dit par certains, souligne Augustin
Macheret, les choix opérés par la Faculté de théologie ont bénéficié du
plein appui de la Conférence des évêques suisses et du Grand chancelier de
la Faculté, le Père Damian Byrne OP". Comme les noms des deux hautes personnalités pour lesquelles le "nihil obstat" de Rome n’a pu être obtenu ont
été largement divulgués dans la presse, le rectorat estime pouvoir en faire
état. Il s’agit de Mgr Rembert Weakland, archevêque de Milwaukee (USA), ancien Abbé primat de l’Ordre des bénédictins, et du P. Albert Nolan, d’Afrique du Sud, élu Maître général des dominicains en 1983, charge qu’il refusa
pour pouvoir poursuivre ses activités théologiques et pastorales dans son
pays. Il vient d’ailleurs de recevoir le doctorat honoris causa de la Faculté de théologie de l’Université de Montréal.
Supprimer l’obligation du "nihil obstat"
Lors de sa séance du 21 novembre dernier, le Rectorat a confirmé sa ferme intention de s’employer à faire activer la procédure d’approbation des
nouveaux statuts de la Faculté de théologie, dont l’article 42 dispose que
le droit de décerner un doctorat honoris causa "est du ressort exclusif de
la Faculté". En conclusion, le communiqué du rectorat - qui publie également les biographies des deux candidats refusés par Rome - affirme qu’une
réponse circonstanciée sera donnée aux divers messages de protestations
parvenus à ce sujet à l’Université et qu’un dossier complet sera constitué
et remis à toutes les autorités et institutions concernées. (apic/com/be)