A propos de la messe selon le rite Pie V (220788)
Fribourg, 22juillet(APIC) En automne prochain, des messes selon le rite
de Saint Pie V pourront à nouveau avoir lieu dans quelques endroits du
diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Par cette décision, Mgr Pierre Mamie répondait ainsi à la volonté du pape Jean Paul II, afin de faciliter la
communion ecclésiale des paroissiens toujours liés à la liturgie d’autrefois. Quant aux intégristes, ils revendiquent, pratiquement comme un label
de marque, la célébration de la messe traditionnelle en latin. Une rapide
enquête de l’APIC auprès des ordinariats des diocèses suisses montre que
certaines paroisses ont déjà recours aux anciennes formes liturgiques.
Dans la plupart des paroisses aussi, le chant grégorien reste et demeure
une expression de traditions. Les chorales ne sont-elles pas, en ce sens,
les porteurs de la culturel de la tradition de l’Eglise ? Quant au "Gloria"
ou au "Credo", par exemple, il est bien rare de ne pas les entendre chantés
en latin, comme le confirme la plupart des vicaires épiscopaux dans les
différents diocèses romands ou alémaniques.
Après une enquête réalisée dans les diocèses , Rome accorda en 1984 la
possibilité d’autoriser à nouveau la célébration du rite tridentin. Cette
permission était toutefois et notamment accompagnée d’une exigence à
remplir: la pleine acceptation de Concile Vatican II. C’est ainsi qu’à Fribourg, à la chapelle Sainte-Ursule, chaque dimanche est célébrée la messe
selon le rite de Saint Pie V. Pour le reste, affirme-t-on au vicariat épiscopal, la possibilité d’octroyer cette permission, pour deux ou trois
endroits par diocèse, sera étudiée après les vacances. Et les formalités et
modalités, pas encore définie, seront connues en septembre ou en octobre.
A Fribourg toujours, les mélomanes ont une fois par mois, dans les murs
de la cathédrale de Saint Nicolas, le privilège d’entendre une messe toujours en chant grégorien.
Le chant grégorien est davantage qu’une tradition.
Dans le canton du Valais, relève-t-on au vicariat épiscopal, il est possible aujourd’hui d’assister à une messe selon le rite tridentin. Elle est
célèbrée à Sion par l’abbé Oggier. S’agissant de la messe chantée en latin,
la chorale des hommes de la paroisse de Liddes l’interprète le dimanche à
ll’office de 10 heures. Une coutume parfois reprise par l’abbaye de SaintMaurice, ou le chant grégorien est aussi une tradition.
Dans les paroisses des cantons du Jura et de Genève, ainsi qu’à Lausanne, aucune messe selon le rite de Saint Pie V n’est pour l’instant
cèlébrée, cependant que le vicariat de Neuchâtel déclare vouloir examiner
le problème dès la fin des vacances et sans doute accorder les permissions
dans le sens voulu par Mgr Mamie. Il appartiendra aux Conseils des vicariats d’en débattre. Quant au chant grégorien, un peu partout les chorales
ou les céciliennes l’inscrivent à leur répertoire. Au même titre que certains chants en latin.
Suisse alémanique et Tessin: une situation pratiquement identique
La situation ne varie guère en Suisse alémanique et au Tessin. A Einsiedeln, à l’intérieur du sanctuaire encore enrichi dès que que s’élève le
chant grégorien , les moines bénédictins célèbrent chaque jour une messe en
latin selon le rite de 1969. Les vêpres, elles, sont toujours chantées en
latin.
A Soleure, ou se sont récemment rencontrés les doyens régionaux, Mgr
Hermann Schüepp, vicaire épiscopal de Bâle, a déclaré que sur 1 million de
catholiques du diocèse de Bâle, seuls entre 500 et 1000, environ, sont intégristes. "Combien sont-ils aujourd’hui après le schisme? Je l’ignore".
devait-il dire. Quoi qu’il en soit, a ajouté Mgr Schüepp, quelques communautés intégristes qui déjà ne voulaient plus dépendre de Mgr Lefebvre,
avaient demandé la permission de célébrer la messe selon le rite tridentin.
Et Mgr Schüepp de révèler: "De telles possibilités existent à Zurich, Bâle
et Berne".
Dans le diocèse de Lugano enfin, selon le vicaire général Corrado Cortella, il n’y a aucun motif d’inquiétude concernant le mouvement traditionaliste. Et pour ce qui est de la possibilité de célébrer une messe tridentine avec la permission de l’évêque du diocèse, elle a jusqu’à présent été
très peu utilisée. Ce que confirme le Père Roland Trauffert, secrétaire de
la Conférense épiscopale, qui ajoute en forme de conclusion: " On peut voir
par-là que les lefebvristes n’ont pas pour premier motif la tradition liturgique". (apic/pr)