A la veille de Lomé IV (1er mars 1990) (170289)
Bruxelles, 17février(APIC/CIP) A un an de la signature de la quatrième
Convention de Lomé (1er mars 1990) entre les 12 Etats membres de la Communauté Européenne et les 66 pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), des
responsables d’Eglises ACP séjourneront à Bruxelles du 26 février au 2 mars
prochains pour y rencontrer les responsables européens des Eglises.
Prendront part à la rencontre, organisée par le Service Oecuménique Européen pour le Développement (EECOD), quatre responsables protestants du
Conseil des Eglises de toute l’Afrique et six évêques catholiques, parmi
lesquels le cardinal Malula, archevêque de Kinshasa (Zaïre).
C’est en 1975 qu’a été signée la première Convention de Lomé, renouvelable tous les 5 ans. Quinze ans plus tard, la question se pose de savoir
si les puissances du Nord vont imposer aux familles du tiers-monde, écrasées sous le poids de la dette et dont la vie quotidienne est de plus en
plus difficile, des contraintes supplémentaires. D’ou l’initiative de l’EECOD d’inviter des responsables des Eglises africaines pour clamer ces réalités.
Outil de progrès ou de domination?
"Vous vous débattez dans d’énormes difficultés, la dette vous écrase, la
misère augmente, alors faites les réajustements structurels que nous vous
imposons et nous vous aiderons sans difficultés": c’est, souligne l’EECOD,
la règle de vie inacceptable que le courant mondial (Fonds Monétaire International et Banque Mondiale) impose actuellement aux pays en voie de développement. Va-t-on, demande-t-il, imposer à ces pays des conditions qui ne
tiennent pas compte des facteurs humains, sociaux, éducatifs, médicaux...,
autant de secteurs de plus en plus déficitaires? La Communauté Européenne a
noué des liens privilégiés avec les pays ACP: va-t-elle, lors de l’adoption
de la quatrième Convention, garder cette force originale ou se fondre dans
la grande machine mondiale?
Les représentants des Eglises à Bruxelles seront reçus à la Commission
Européenne dès le lundi 27 février. Ils parleront de Lomé IV et débattront
notament des enjeux éthiques et politiques et des difficultés concernant la
dette africaine. Après son séjour à Bruxelles, la délégation africaine se
rendra à Washington, ou elle rencontrera des responsables des Eglises
américaines et visitera le FMI, la Banque Mondiale, le Congrès et le Sénat
américains. (apic/cip/pr)