A la veille de la rencontre historique Jean Paul II - Gorbatchev (231189)
Fribourg, 23novembre(APIC) A la veille de la rencontre historique entre
le pape Jean Paul II et le chef de l’Etat et secrétaire général du parti
communiste d’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev le 1er décembre prochain
au Vatican, la Conférence des évêques suisses (CES) invite les fidèles catholiques de notre pays à prier pour les chrétiens de l’URSS.
Dans un message rendu public jeudi 23 novembre, les évêques suisses demandent qu’à l’occasion des liturgies dominicales du 26 novembre et les
jours suivants, l’on prie pour que l’entrevue soit couronnée de succès et
souhaitent que les autorités soviétiques reconnaissent officiellement
l’Eglise catholique ukrainienne. Cette Eglise ukrainienne catholique (dite
"uniate") a été rattachée de force à l’Eglise russe orthodoxe après avoir
été dissoute, en mars 1946, en pleine période stalinienne. La version officielle soviétique - reprise par le Patriarcat de Moscou - est de dire que
cette Eglise s’est auto-dissoute lors du Concile de Lvov quand "les évêques, les prêtres et les représentants laïcs annoncèrent l’annulation de
l’Union (à Rome) imposée aux croyants en 1596 à Brest-Litovsk".
L’Eglise catholique ukrainienne doit être légalisée
Le droit, accordé aux chrétiens en Union soviétique de pratiquer en
toute liberté leur religion, doit être appliqué sans aucune restriction
également à l’Eglise catholique ukrainienne, souligne la CES. Le cardinal
Myroslav Ivan Lubachivsky, archevêque majeur de Lviv (Lvov) et chef de
l’Eglise ukrainienne catholique, a lui-même lancé mercredi à Rome, où il
réside, un appel à tous les évêques, prêtres, moines, soeurs et fidèles de
son Eglise en Ukraine et dans la diaspora, leur demandant d’organiser le 26
novembre une journée spéciale de prière et de jeûne à la veille de la visite de Mikhaïl Gorbatchev au Vatican.
Le but de cette manifestation, souligne le cardinal Lubachivsky, est
d’"obtenir la liberté et la légalisation de l’Eglise ukrainienne catholique
en Ukraine". Dans son appel, il relève que dans les jours qui viennent, "on
décidera du sort de notre Eglise". Il invite tous les chrétiens de par le
monde de s’associer à la démarche, "afin que notre Eglise en Ukraine, après
de longues années de persécution, retrouve ses droits et sa liberté".
Rappelons que le 30 janvier 1967, un hôte de marque soviétique était déjà reçu au Vatican : ce jour-là , poursuivant l’"Ostpolitik" de son prédécesseur Jean XXIII, le pape Paul VI recevait en effet le chef de l’Etat soviétique Nikolaï Podgorny, pour discuter "les questions relatives au maintien de la paix et au développement de meilleurs rapports entre les peuples". (apic/be)